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Programme · Sommeil et rêve

Le yoga du rêve et du sommeil.

Dans la tradition bön du Tibet, la nuit n'est pas une parenthèse : c'est un tiers de la vie, et un lieu de pratique. Ce programme suit le livre de Tenzin Wangyal Rinpoché, de la stabilité de l'esprit le jour jusqu'aux veilles de la nuit, en distinguant ce qu'on peut pratiquer seul et ce qui relève d'un enseignant.

8semaines
10 à 15minutes
6séances
7fiches pratiques
Filé d'étoiles au-dessus d'une maison
La pratique

Le jour prépare la nuit.

Tenzin Wangyal résume la tradition en une chaîne : sans présence dans ce qu'on perçoit le jour, pas de présence dans ce qu'on fait ; sans présence dans ce qu'on fait, pas de présence dans le rêve. C'est pourquoi le programme commence par la journée, et ne descend dans la nuit qu'à la semaine 4.

Comment s'y prendre

  1. Imprimer le support du calme de l'esprit, et le fixer à hauteur des yeux là où tu pratiques.
  2. Chaque jour, une ou deux séances courtes de calme de l'esprit, et les rappels « tout est un rêve ».
  3. À partir de la semaine 3, chaque soir, « Préparer la nuit », puis, dès la semaine 4, la première veille.
  4. Chaque matin, revoir la nuit, la noter, et se réjouir de ce qui a été reconnu.
  5. Ne jamais sauter une étape, et ne jamais sacrifier son sommeil.

Ce que dit la recherche : les méditants de longue date font davantage de rêves lucides que les autres, et la présence attentive dans la journée va de pair avec la lucidité la nuit, surtout chez ceux qui méditent. Le lien que fait la tradition entre le jour et la nuit trouve là un premier écho.

Imprimer le support (A4, PDF)

Avant de commencer

  • Le sommeil passe avant tout. Un seul réveil de nuit au plus, deux ou trois nuits par semaine, jamais avant une journée où il faut conduire longtemps.
  • Pas de réveils de nuit en cas d'insomnie, de trouble bipolaire, d'épilepsie ou de grossesse : on garde la journée, le soir et la première veille.
  • Les exercices « tout est un rêve » sont déconseillés si tu as déjà vécu des moments où le monde ou toi-même semblez irréels, ou en cas d'antécédents psychotiques.
  • Les souffles avec rétention (équilibrer le prana, deuxième veille) restent doux et courts, sans jamais forcer. En cas d'hypertension, de trouble cardiaque ou respiratoire, ou de grossesse, on les pratique sans rétention.
  • La paralysie du sommeil peut survenir lors des réveils : impressionnante, elle est sans danger ; on respire calmement et on bouge un doigt.
  • Ce programme s'inspire d'une tradition vivante sans prétendre l'enseigner. Pour la pratique complète, un enseignant est irremplaçable (fiche « Ce que nous transmettons »).

Les programmes s'adressent aux adultes. Les précautions communes, la séance « L'atterrissage » pour redescendre et où trouver de l'aide : les repères.

Le support

Le A, dans ses cinq cercles.

Pour le calme de l'esprit, Tenzin Wangyal propose de fixer la lettre A de l'alphabet tibétain, blanche, au centre de cinq cercles : indigo, bleu, vert, rouge, jaune, puis un bord blanc. Un carré d'environ 2,5 centimètres, à hauteur des yeux, à 45 centimètres. Un autre objet simple convient aussi, à condition de garder toujours le même. Plus tard, la même lettre, rouge, sert de support à la première veille.

La lettre A tibétaine, blanche, au centre de cercles indigo, bleu, vert, rouge et jaune

Le PDF contient un grand modèle et un petit modèle à découper à la bonne taille.

Télécharger le support (A4, PDF)

Semaine après semaine

Huit semaines, du jour vers la nuit.

Chaque semaine s'ajoute aux précédentes. Tenzin le répète : ces fondations sont plus puissantes qu'elles n'en ont l'air, et une pratique faite seulement au coucher reste peu efficace.

Semaine 1 · journée

Le calme de l'esprit

Stabiliser l'attention. Une ou deux séances par jour, les yeux ouverts sur le A. Repérer l'agitation, la somnolence et la laxité.

Semaine 2 · journée

Tout est un rêve

Les deux premières pratiques du jour. « Je suis éveillé dans un rêve », et les émotions vécues comme un rêve. Des rappels toute la journée.

Semaine 3 · soir et matin

Fermer le cycle

Préparer la nuit, revoir le matin. La revue de la journée, les neuf respirations, la protection, le souhait. Au réveil, la mémoire et la joie.

Semaines 4 et 5 · endormissement

La première veille

La paix. La posture du lion, la lumière rouge à la gorge : voir, sentir, être. Sans aucun réveil programmé.

Semaine 6 · une nuit sur trois au plus

La deuxième veille

La clarté. Un seul réveil, la goutte de lumière blanche au front. Si le sommeil en souffre, on y renonce sans regret.

Semaine 7 · dans le rêve

Les transformations

La souplesse du rêve. Une intention par nuit, parmi les onze transformations. Toujours vers le positif.

Semaine 8 · endormissement

L'extinction des sens

Un aperçu du yoga du sommeil. Suivre l'endormissement couleur après couleur. Au réveil : l'oubli, le rêve ou la clarté ?

Et ensuite

Garder le cycle

Le jour, le soir, le matin. Ce qui a marché devient une habitude. Pour la suite, le livre, et un enseignant.

Séances guidées

Le jour, le soir, les veilles.

Les enregistrements arrivent bientôt. En attendant, lis le texte lentement, ou enregistre-le pour toi. Les séances de la nuit se terminent dans le silence, pour te laisser t'endormir.

La lettre A tibétaine dans ses cinq cercles de couleur
Semaine 1, journée · 12 min · Tenzin Wangyal

Le calme de l'esprit

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après Tenzin Wangyal Rinpoché, zhiné, « le calme de l'esprit ». Assis, le dos droit sans raideur, les mains posées l'une dans l'autre au creux des jambes, le menton légèrement rentré. Les yeux restent ouverts. Fixe le support à hauteur des yeux, à 45 centimètres environ : le A tibétain à imprimer, ou un autre objet simple, toujours le même. Environ 12 minutes, une ou deux fois par jour.

Pour Tenzin Wangyal, c'est le socle de tout le reste : plus l'esprit est stable le jour, plus les rêves sont longs, clairs et faciles à reconnaître la nuit.

Tu peux t'installer, laisser le corps trouver son assise. Le dos droit, comme une pile de pièces bien posées les unes sur les autres. Les épaules qui descendent. Le visage qui se détend.

Pause 15 secondes

Les yeux restent ouverts, posés sur le support devant toi. Le A blanc, au centre de ses cercles de couleur. Ou l'objet que tu as choisi.

Pause 10 secondes

Tenzin Wangyal fait une distinction très fine. Il ne s'agit pas de penser à l'objet, ni de le décrire, ni de l'admirer. Seulement de le percevoir. Comme on écoute une note tenue, sans chercher à la nommer.

Pause 15 secondes

Laisse le regard se poser, sans fixer durement. Un regard doux, qui reste. Le souffle peut devenir plus lent, plus léger, presque imperceptible.

Pause 30 secondes · le regard posé sur le A

L'esprit va partir. C'est sa nature : Tenzin Wangyal le compare à un singe fou. Chaque fois que tu remarques qu'il est parti, tu le ramènes, simplement, sur l'objet. Sans commentaire. Revenir, c'est l'exercice.

Pause 45 secondes · revenir, simplement

Tenzin conseille de ne pas bouger, même pour cligner des yeux, si tu le peux. Ne force rien pour autant : si les yeux piquent, cligne, et reviens.

Pause 45 secondes

Il y a trois obstacles bien connus. L'agitation : l'esprit saute d'une idée à l'autre. On respire plus lentement, on détend les épaules. La somnolence : tout devient lourd. On se redresse, on concentre un peu plus. Et le plus subtil, ce que Tenzin appelle la laxité : un calme agréable mais mou, sans clarté, qu'on peut prendre pour la méditation pendant des années. Quand tu le reconnais, ravive simplement ta présence, comme on rallume une lampe qui baisse.

Pause 60 secondes · perception, sans pensée

Peut-être que l'effort devient plus léger. Que l'attention reste d'elle-même, sans que tu la tiennes. C'est ce que Tenzin appelle le calme naturel.

Pause 45 secondes

Si c'est le cas, tu peux faire un pas de plus. Laisser l'objet, et poser ton regard dans l'espace devant toi. L'air de la pièce, vide, ouvert. Sans rien y chercher. Comme si l'esprit se dissolvait dans l'espace.

Pause 60 secondes · l'espace, sans objet

Si l'esprit se perd, reviens au A. Puis, quand il est stable, à l'espace. Sans hâte.

Pause 45 secondes

Et maintenant, tu peux laisser les yeux se fermer un instant. Et sentir ce qui reste.

Pause 15 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Dans ton carnet : combien de temps l'attention est restée sans effort, et lequel des trois obstacles tu as rencontré. De courtes séances fréquentes valent mieux qu'une longue.

Une silhouette dans un champ de brume
Semaine 2, journée · 10 min · Tenzin Wangyal

Tout est un rêve

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après les deux premières pratiques de la journée de Tenzin Wangyal Rinpoché : voir toute chose comme un rêve, et vivre ses émotions comme un rêve. Assis, les yeux ouverts ou fermés. Environ 10 minutes, le matin de préférence, puis des rappels tout au long de la journée.

Une précaution importante. Si tu as déjà vécu des moments où le monde te semble irréel, ou où tu te sens étranger à toi-même, ou en cas d'antécédents psychotiques, ne fais pas cette séance : garde le reste du programme. Et Tenzin le rappelle avec humour : même si tout est un rêve, quand on saute d'un immeuble on tombe, et les factures restent à payer.

Tu peux t'installer, et prendre quelques respirations tranquilles. Sentir le poids du corps. Le contact du siège. Les sons autour de toi.

Pause 20 secondes

Dans la tradition bön, chaque matin commence par une phrase. On se dit, en ouvrant les yeux : « Je suis éveillé dans un rêve. » Pas pour se convaincre de quoi que ce soit. Pour se réveiller un peu plus.

Pause 10 secondes

Essaie maintenant. Regarde autour de toi, ou laisse venir l'image de la pièce. Et dis-toi, doucement : « Tout ceci est un rêve. » Cette pièce est une pièce de rêve. Cette lumière, une lumière de rêve. Ces sons, des sons de rêve.

Pause 20 secondes

Remarque ce qui se passe. Tenzin insiste sur ce point : la phrase n'est qu'un rappel. Ce qui compte, c'est que la présence devienne plus vive, plus claire, chaque fois que tu la penses. Si rien ne change, la phrase est devenue machinale : il suffit alors de la redire autrement, plus lentement, en regardant vraiment.

Pause 30 secondes

Maintenant, tourne ce regard vers toi. Toi aussi, tu fais partie du rêve. Tu es le rêveur, et tu es dans le rêve. Tu peux sentir ton corps un peu plus léger, un peu plus transparent, comme fait de lumière. Ta personnalité, tes rôles, tes soucis : des images qui passent dans ce rêve.

Pause 45 secondes · je suis le rêveur

Si ce sentiment devient inconfortable, tu reviens simplement au poids du corps, aux pieds sur le sol. Le rêve est doux, il n'a pas besoin d'être vertigineux.

Pause 15 secondes

La deuxième pratique va plus loin. Elle s'applique aux émotions, au moment même où elles surgissent. Laisse venir un petit agacement récent. Pas un grand drame. Une contrariété, une impatience.

Pause 20 secondes

Sens-la dans le corps. Et dis-toi : « Cet agacement est un rêve. » Pas pour l'écraser, ni pour le fuir. Pour sentir sa qualité de rêve, sa légèreté, comme une image qui traverse le ciel.

Pause 30 secondes

Fais la même chose avec une envie. Quelque chose que tu désires fort. « Ce désir est un rêve. » Il peut rester. Mais il tient moins. Tu respires un peu mieux autour de lui.

Pause 30 secondes

Tenzin explique que nos rêves de la nuit se nourrissent des réactions de la journée. Moins on s'agrippe le jour, plus le rêve devient transparent la nuit, et plus il devient facile de le reconnaître.

Pause 10 secondes

Dans la journée, tu peux garder ces deux rappels avec toi. Une fois par heure, peut-être, ou à chaque porte que tu franchis : « Je suis éveillé dans un rêve. » Et chaque fois qu'une émotion te prend : « Ceci aussi est un rêve. »

Pause 15 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Dans ton carnet : les moments où le rappel a vraiment changé quelque chose, et ceux où il était machinal. C'est la qualité qui compte, pas le nombre.

Une bougie près d'une fenêtre, le soir
Semaine 3, chaque soir · 15 min · Tenzin Wangyal

Préparer la nuit

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après les préparations du soir de Tenzin Wangyal Rinpoché : la revue de la journée, les neuf respirations de purification, la présence protectrice et l'intention. Assis dans ton lit, les jambes croisées si c'est confortable, la lumière douce. Environ 15 minutes, chaque soir à partir de la semaine 3.

Tenzin le dit : même si l'on ne fait rien d'autre, cette préparation du soir est déjà bénéfique. Le souffle qui équilibre le prana comporte une courte rétention : en cas d'hypertension, de trouble cardiaque ou respiratoire, ou de grossesse, garde simplement l'expiration et l'inspiration, sans retenir.

Tu peux t'installer pour la dernière pratique de la journée. Le dos droit, mais sans raideur. Les mains posées.

Pause 10 secondes

Pour commencer, laisse revenir ta journée. Depuis le matin. Le réveil, les premiers gestes, les personnes croisées, les moments forts, les petits riens. Et regarde-la passer comme un souvenir de rêve. Tenzin remarque que c'est très facile : un souvenir et un rêve ont la même texture, flottante, incertaine. Tout cela a eu lieu… et tout cela ressemble déjà à un rêve.

Pause 60 secondes · la journée qui passe, comme un rêve

D'abord, un souffle que Tenzin propose pour équilibrer le prana, l'énergie du souffle. Bouche une narine. Expire fort par l'autre, d'un coup, en imaginant que la tension de la journée s'en va avec l'air. Puis inspire doucement, par l'autre narine. Retiens un instant, sans forcer, en laissant le souffle imprégner tout le corps. Et relâche, dans le calme.

Pause 30 secondes · équilibrer le prana, deux ou trois fois

Laisse le souffle revenir à son rythme. Reste un instant dans ce calme.

Pause 15 secondes

Maintenant, les neuf respirations de purification. Imagine, au centre de ton corps, un canal de lumière bleue, droit, de la taille d'une canne, qui monte jusqu'au sommet de la tête. Et de chaque côté, deux canaux plus fins, comme des crayons, l'un blanc, l'autre rouge, qui partent d'un point un peu sous le nombril, remontent, et s'ouvrent aux narines.

Pause 15 secondes

Pour les trois premières respirations, bouche une narine avec un doigt. Dans la tradition, les hommes commencent par boucher la droite, les femmes la gauche. Tu peux choisir le côté qui te convient. Inspire une lumière verte, apaisante, par la narine ouverte. Puis change de doigt, et expire complètement par l'autre narine. Avec cet air s'en va, couleur bleu pâle, ce qui vient du passé : les vieilles fatigues, les vieux poids.

Pause 40 secondes · trois respirations, d'un côté

Pour les trois suivantes, inverse. Inspire la lumière verte par l'autre narine, et expire par la première. S'en va, couleur rose pâle, ce qui vient du futur : les inquiétudes, ce qu'on redoute, ce qu'on anticipe.

Pause 40 secondes · trois respirations, de l'autre côté

Pour les trois dernières, les mains reposent. Inspire la lumière verte par les deux narines, jusqu'au point sous le nombril. Et expire en la faisant monter par le canal central, jusqu'au sommet de la tête, où elle sort comme une fumée sombre. S'en va ce qui encombre le présent.

Pause 45 secondes · trois respirations par le canal central

Reste un moment dans ce corps allégé. Le souffle naturel. Rien à faire.

Pause 30 secondes

Maintenant, la protection. Tenzin compare l'endormissement à un petit passage, presque à une petite mort, et dans sa tradition on ne l'aborde jamais seul. On sent tout autour de la chambre des présences bienveillantes, aimantes, qui veillent : aux portes, aux fenêtres, autour du lit. Dans la tradition, ce sont des dakinis, des figures féminines de sagesse, vertes et lumineuses. Tu peux les sentir ainsi, ou à ta façon : une lumière douce, des êtres aimés, une présence qui veille, comme une mère sur le sommeil de son enfant.

Pause 45 secondes · sentir la protection autour de la chambre

Tenzin insiste : il ne suffit pas de l'imaginer. Il faut la sentir. Laisse ton corps savoir qu'il est en sécurité.

Pause 20 secondes

Et pour finir, l'intention. Ce n'est pas une question qu'on pose, c'est un souhait qu'on envoie, comme une flèche que la conscience suivra toute la nuit. Forme-le avec le cœur : « Cette nuit, je reconnais le rêve. Je suis présent dans mes rêves. »

Pause 15 secondes

Encore une fois, plus doucement, en y mettant tout ce que tu es : « Cette nuit, je reconnais le rêve. »

Pause 15 secondes

Prépare aussi ton carnet à côté du lit, ouvert. Tenzin le remarque : le simple fait de le préparer le soir soutient déjà l'intention.

Pause 10 secondes

Tu peux maintenant t'allonger, et enchaîner avec la séance de la première veille. Ou simplement t'endormir, entouré, allégé, avec ta flèche envoyée.

Silence jusqu'à la fin
Un lotus rose dans la nuit
Semaines 4 et 5, endormissement · 12 min · Tenzin Wangyal

La première veille

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après la première des quatre veilles de la nuit, selon la Tantra de la Mère et Tenzin Wangyal Rinpoché : amener la conscience au centre, à la gorge. À l'endormissement, chaque soir des semaines 4 et 5, après « Préparer la nuit ». Environ 12 minutes, puis la voix te laisse t'endormir.

La posture du lion : couché sur le côté, les genoux un peu fléchis, le bras du dessus le long du corps, la main du dessous sous la joue. Dans la tradition, les hommes se couchent sur le côté droit, les femmes sur le côté gauche. Choisis le côté où tu es à l'aise. Un oreiller un peu plus haut que d'habitude aide à garder un sommeil léger, sans gêner la nuque.

Tu peux t'installer dans la posture du lion. Le corps couché sur le côté, la main sous la joue. Le souffle se calme, doux, presque inaudible.

Pause 20 secondes

Porte maintenant ton attention à la gorge, à la base du cou. Imagine qu'il y a là une fleur. Un lotus rouge, à quatre pétales, ouvert.

Pause 15 secondes

Au centre de ce lotus, la lettre A, la même que sur ton support. Mais transparente, comme du cristal. Et le cristal prend la couleur rouge du lotus, comme une pierre qu'on pose sur un tissu rouge.

Pause 20 secondes

Tenzin Wangyal propose trois temps. D'abord, la voir. Avec tous tes sens imaginaires : sa forme, sa transparence, la lumière rouge qui l'habite.

Pause 30 secondes · voir le A rouge à la gorge

Puis, relâche l'effort. Laisse-la apparaître d'elle-même, sans la fabriquer. Et sens-la plutôt que la voir. Une chaleur, une présence douce, à la gorge.

Pause 45 secondes · sentir

Puis, si cela vient, deviens-la. Il n'y a plus toi qui regardes la lettre. Il y a seulement cette lumière rouge, et elle peut s'étendre lentement. Elle remplit la gorge… la tête… le corps entier… la pièce. Les sons, les pensées, les sensations se dissolvent dans la lumière rouge.

Pause 60 secondes · être la lumière

Si la lettre disparaît, ce n'est pas grave. C'est même le signe que la fusion a lieu. Il reste la lumière, ou simplement la présence.

Pause 20 secondes

Et maintenant, le secret de cette pratique : la touche légère. Tenzin le dit ainsi : il faut s'endormir avec la lettre comme on s'endort avec une joie. Tu te souviens d'un soir où une bonne nouvelle t'a accompagné jusque dans le sommeil, sans que tu aies à la tenir ? C'est cette qualité-là. Pas une concentration serrée. Une présence légère, qui reste d'elle-même.

Pause 30 secondes

Si l'attention t'empêche de t'endormir, relâche-la encore un peu. Le sommeil passe avant tout. Tu peux simplement garder une vague lumière rouge à la gorge, et laisser le reste se faire.

Pause 45 secondes

Dans la tradition, cette première veille ouvre des rêves paisibles : un jardin, une promenade, une présence qui guide. Il s'agit, dit Tenzin, de redécouvrir un repos conscient.

Pause 30 secondes

La lumière rouge… à la gorge… légère…

Silence jusqu'à la fin

Au réveil : la fiche « Le matin, la mémoire et la joie ». Note aussi la tonalité de tes rêves : paisible, abondante, puissante ou orageuse. Tenzin conseille de lire un rêve par sa tonalité, pas par ses symboles.

Une goutte d'eau suspendue
Semaine 6, réveil de nuit · 10 min · Tenzin Wangyal

La deuxième veille

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après la deuxième veille, selon Tenzin Wangyal Rinpoché : accroître la clarté, au front. Dans la tradition, on se réveille toutes les deux heures. Ici, un seul réveil, environ deux heures après l'endormissement, deux ou trois nuits par semaine au plus, de préférence le week-end. Lève-toi un instant, puis recouche-toi dans la posture du lion. Environ 10 minutes, puis la voix te laisse t'endormir.

Cette veille s'accompagne d'un souffle traditionnel : inspirer, retenir doucement en contractant légèrement le périnée, puis expirer en relâchant tout, sept fois. Tenzin précise qu'un enseignant peut en transmettre les détails ; on le pratique ici dans sa forme simple, sans jamais forcer. En cas d'hypertension, de trouble cardiaque ou respiratoire, ou de grossesse, garde le souffle sans rétention. Et si ce réveil abîme ton sommeil, abandonne-le sans regret : la première veille suffit.

Tu viens de te recoucher, dans la posture du lion. Tu n'as pas besoin de retrouver tout de suite le sommeil. Prends le temps de t'installer.

Pause 15 secondes

Maintenant, le souffle de la deuxième veille. Inspire lentement, profondément. Retiens doucement le souffle, et contracte légèrement le périnée, le bas du corps, comme pour attirer le souffle vers le bas-ventre, sous le nombril. Garde quelques instants, sans forcer. Puis expire lentement, en relâchant tout.

Pause 12 secondes

Encore. Inspirer… retenir doucement, le bas du corps légèrement serré, le souffle rassemblé sous le nombril… et expirer en relâchant tout.

Pause 12 secondes

Continue ainsi à ton rythme, jusqu'à sept respirations en tout. Si la rétention te gêne, laisse-la très courte, ou supprime-la.

Pause 60 secondes · sept respirations

Puis laisse le souffle redevenir naturel. À chaque expiration, le corps se dépose un peu plus.

Pause 20 secondes

Porte maintenant ton attention au front. Pas à la surface : un peu au-dessus et entre les sourcils, légèrement en retrait, à l'intérieur de la tête.

Pause 10 secondes

Là, imagine une petite sphère de lumière blanche. Tenzin l'appelle un tiglé : une goutte de lumière. Brillante, claire, comme une étoile vue de très près.

Pause 20 secondes

La voir… puis la sentir… puis, si cela vient, devenir cette clarté. La même progression qu'à la première veille, avec la même touche légère.

Pause 60 secondes · le tiglé blanc au front

La lumière peut grandir. Remplir la tête, le corps, la pièce. Une clarté blanche, partout, sans bord.

Pause 45 secondes

Dans la tradition, cette veille apporte la clarté : des rêves d'abondance, de musique, de fleurs, de couleurs. Et surtout, une conscience qui continue, d'un moment à l'autre de la nuit, sans s'éteindre.

Pause 30 secondes

Si tu sens que tu t'agites, que tu deviens trop éveillé, relâche. Laisse la lumière blanche devenir très douce, presque une veilleuse. Le sommeil passe avant tout.

Pause 45 secondes

La goutte de lumière blanche… au front… légère…

Silence jusqu'à la fin

Tenzin donne une règle : on ne saute jamais une étape. Si tu t'es endormi après la première veille et réveillé seulement à l'aube, ce n'est pas grave : la nuit suivante, tu reprends simplement où tu en étais.

Quatre lueurs, jaune, verte, rouge et bleue, autour d'un centre clair
Semaine 8, endormissement · 12 min · Tenzin Wangyal

L'extinction des sens

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Un aperçu du yoga du sommeil, d'après Tenzin Wangyal Rinpoché : suivre l'endormissement à travers l'extinction des sens. Tenzin le dit, c'est une pratique plus difficile que le yoga du rêve, qui demande du temps et, dans sa forme complète, un enseignant. On n'en propose ici qu'une version d'observation. À l'endormissement, en semaine 8, dans la posture du lion ou ta position habituelle. Environ 12 minutes, puis la voix te laisse t'endormir.

Si tu as tendance à l'angoisse au moment de t'endormir, ou si l'idée de te dissoudre t'est inconfortable, reste plutôt avec la première veille.

Tu peux t'installer pour dormir. Laisser le souffle se calmer. Sentir la protection autour de la chambre, comme chaque soir.

Pause 20 secondes

Tenzin distingue trois sommeils. Celui de l'oubli, un noir sans personne. Celui des rêves, où l'on vit sans savoir qu'on rêve. Et un troisième, très rare : le corps dort, et la conscience reste, claire, sans image, comme un ciel sans nuage. C'est vers ce troisième que l'on tourne simplement le regard ce soir. Sans rien attendre.

Pause 15 secondes

Porte ton attention au milieu de la poitrine, au cœur. Imagine là une petite fleur à quatre pétales bleus. Et au centre, une goutte de lumière transparente, d'un blanc bleuté.

Pause 20 secondes

Tu vas suivre ton endormissement comme on regarde le soir tomber, étape par étape. Tenzin le décrit en cinq couleurs. Tant que tes sens sont bien présents, les sons, le contact des draps, les pensées, pose ton attention sur une lumière jaune, sur le pétale de devant.

Pause 45 secondes · le jaune, les sens encore présents

Quand les yeux sont fermés et que les sens commencent à décliner, tu glisses vers le vert, sur le pétale de gauche.

Pause 45 secondes · le vert

Quand les sons deviennent lointains, que le corps s'estompe, tu glisses vers le rouge, sur le pétale de derrière.

Pause 45 secondes · le rouge

Quand presque plus rien n'arrive du dehors, tu glisses vers le bleu, sur le pétale de droite.

Pause 45 secondes · le bleu

Et quand plus rien n'arrive du tout, tu glisses vers le centre. La goutte blanc bleuté. Elle n'est plus un objet que tu regardes. Tu peux simplement te fondre en elle.

Pause 30 secondes

Tenzin dit que ce passage doit être fluide, pas découpé. Comme une spirale qui descend doucement : le corps descend dans le sommeil pendant que tu descends dans la lumière. Si tu te réveilles complètement, ce n'est pas grave : tu reprends au jaune, sans t'inquiéter.

Pause 45 secondes

Et si tu ne suis pas toutes les couleurs, c'est très bien aussi. L'essentiel est la direction : s'endormir en restant un peu présent.

Pause 30 secondes

Jaune… vert… rouge… bleu… le centre…

Silence jusqu'à la fin

Au réveil, avant tout le reste, une seule question : « Cette nuit, était-ce l'oubli, le rêve, ou la clarté ? » Note la réponse, même incertaine. Tenzin conseille aussi de goûter le moment du réveil, quand l'esprit n'est pas encore tout à fait réveillé.

Fiches pratiques

Pour pratiquer avec justesse.

Le cadre, le matin, les obstacles, les transformations, les sortes de rêves, et ce qui relève d'un enseignant.

Ce que nous transmettons, et ce que nous laissonsLa tradition bön · trois niveaux

Ce programme s'inspire d'un seul livre : Les Yogas tibétains du rêve et du sommeil, de Tenzin Wangyal Rinpoché, maître de la tradition bön. Le Bön est la tradition spirituelle originelle du Tibet, antérieure au bouddhisme tibétain et distincte de lui. Ces pratiques viennent d'un texte ancien, la Tantra de la Mère, et sont transmises de maître à élève depuis des siècles. Nous les abordons avec respect, en distinguant trois niveaux :

  • Ce que nous guidons : ce que l'auteur présente lui-même comme ouvert à tous. Le calme de l'esprit, les quatre pratiques de la journée, la préparation du soir, la première veille, et la façon de transformer le rêve une fois lucide.
  • Ce que nous proposons « d'après », simplifié : la deuxième veille, avec un seul réveil et son souffle traditionnel dans une forme simple, et un aperçu de l'endormissement conscient.
  • Ce que nous décrivons sans le guider : les troisième et quatrième veilles, le yoga du sommeil complet, le guru yoga et la dakini Salgye Du Dalma, la privation de sommeil, la divination. Tout cela relève d'un enseignement.

Pour aller plus loin : le livre lui-même, et Ligmincha, le réseau de centres fondé par Tenzin Wangyal Rinpoché, qui transmet ces pratiques dans leur cadre.

Le matin, la mémoire et la joieLa quatrième pratique de la journée · Tenzin Wangyal

Elle ferme le cycle du jour et de la nuit. Au réveil, avant de te lever :

  • Revois ta nuit, sans bouger. Un rêve, un fragment, une tonalité. Si rien ne vient, la sensation du réveil suffit.
  • Reconnais-le après coup : « J'ai rêvé sans le reconnaître, mais c'était un rêve. » Sans te le reprocher.
  • Prends une résolution pour la nuit suivante : « La prochaine fois, je le reconnaîtrai. »
  • Si tu as été lucide, même un instant, réjouis-toi vraiment. Tenzin fait de la joie un soutien de la pratique, pas une récompense.
  • Note, puis forme l'intention de rester présent toute la journée. Et le cycle recommence avec « Je suis éveillé dans un rêve ».

Note aussi la tonalité du rêve plutôt que ses symboles : paisible, abondante, puissante ou orageuse. Dans la tradition, elle suit souvent la veille pratiquée.

Les obstaclesTenzin Wangyal · le jour comme la nuit
  • L'agitation : l'esprit saute d'une chose à l'autre. On s'étire, on respire plus lentement, on revient.
  • La somnolence : on concentre un peu plus, on se redresse ; si elle persiste, on pratique debout.
  • La laxité : le plus subtil. Un calme agréable mais sans force, qu'on peut prendre pour la méditation pendant des années. On ravive la présence, comme on rallume une lampe qui baisse.
  • La pratique empêche de dormir : c'est le problème le plus fréquent des débutants. Tenzin conseille de relâcher la concentration, par petites étapes. La touche légère.
  • Une veille manquée : ce n'est pas grave. Ne pas s'inquiéter est, dit-il, un secret de la pratique. Mais on ne saute jamais une étape.
  • La fatigue s'installe : on arrête les réveils de nuit, on garde le jour et la première veille. Le sommeil passe avant tout.

Et un repère honnête : si rien ne change dans ta vie de tous les jours, plus de détente, moins de tension et de distraction, Tenzin invite à ajuster plutôt qu'à se contenter. « Sans évaluation honnête, on peut croire progresser pendant des années. »

Une fois lucide, les onze transformationsLa Tantra de la Mère · selon Tenzin Wangyal

Contrairement à certaines approches occidentales, Tenzin Wangyal pense qu'il vaut mieux diriger le rêve que d'être rêvé : « tout ce que nous perturbons, c'est notre ignorance ». La tradition propose onze façons d'éprouver la souplesse du rêve. Un principe d'abord : il faut savoir que c'est possible. Si l'on ne sait pas qu'une option existe, elle n'existe pas.

  • La taille : devenir minuscule ou immense. Le nombre : un objet en devient mille, mille soucis n'en font plus qu'un.
  • La qualité : changer la colère en amour, la peur en curiosité. La vitesse : ralentir ou accélérer.
  • L'accomplissement : achever ce qui restait inachevé. La transformation : changer une chose en une autre ; face à un feu menaçant, devenir flamme.
  • L'émanation : se voir en plusieurs corps. Le voyage : aller quelque part, en vivant le trajet, pas seulement l'arrivée.
  • Voir, rencontrer (un maître, un être aimé, en demandant à le revoir), et faire l'expérience de ce qu'on ne connaît pas.

La règle éthique de Tenzin : transformer vers le positif. Les actes du rêve laissent eux aussi des traces. Pour stabiliser la lucidité, il conseille de revenir à la présence, et de sentir simplement le canal central. Les gestes de « S'éveiller dans le rêve » (toucher, regarder de près) s'y ajoutent très bien.

Les trois sortes de rêvesTenzin Wangyal · ne pas tout prendre pour un message
  • Les rêves ordinaires naissent de nos propres traces : nos journées, nos peurs, nos désirs. Le sens qu'on y trouve est celui qu'on y met, comme dans la lecture d'un livre.
  • Les rêves de clarté viennent de plus profond : quelque chose semble donné, un enseignement, une rencontre, une information utile. Ils sont rares tant que la pratique n'est pas stable.
  • Les rêves de claire lumière : on reste dans la conscience pure, sans le moi du rêve. L'un des grands commentateurs de la tradition a pratiqué neuf ans avant d'en vivre un.

La mise en garde de Tenzin est précieuse : rêver d'un maître ne fait pas de ce rêve un rêve de clarté. Et si l'on prend ses rêves ordinaires pour des messages, leur obéir devient « un travail à plein temps ». Lis tes rêves par leur tonalité, garde ce qui t'aide, et laisse le reste passer.

Le regard d'un chercheurStephen LaBerge · d'autres sources de la même famille

Stephen LaBerge, le chercheur de Stanford qui a prouvé le rêve lucide en laboratoire, a découvert sa première lucidité d'adulte en 1970, quelques nuits après un enseignement de Tarthang Tulku, un maître tibétain d'une autre lignée. Il consacre plusieurs pages aux yogas tibétains du rêve, à partir d'autres textes que celui de Tenzin Wangyal. On y retrouve des gestes cousins de ce programme :

  • La résolution, de jour et au coucher : penser que tout ce que l'on vit est « de la substance des rêves », et se promettre fermement de reconnaître le rêve. La tradition parle de vingt et un efforts chaque matin.
  • La syllabe AH, rouge et rayonnante, visualisée dans la gorge au coucher ; le centre de la gorge réglerait, dans ces textes, le passage entre veille, sommeil et rêve. Cela rejoint la première veille de ce programme, où un lotus rouge s'ouvre dans la gorge.
  • Le point blanc et le point noir, d'après le texte traduit par Evans-Wentz en 1935 : à l'aube, après quelques respirations, un point blanc entre les sourcils ; et en cas d'échec, un point noir plus bas dans le corps.
  • Le lotus et la flamme, d'après Tarthang Tulku : un lotus rose pâle dans la gorge, avec en son centre une flamme rouge-orangé, sur laquelle on garde l'attention jusqu'à ce que l'image et la conscience se confondent.

Nous les mentionnons comme des sources complémentaires, sans les guider : ce programme suit la forme que transmet Tenzin Wangyal Rinpoché. Et LaBerge fait lui-même une mise en garde que nous partageons : ces méthodes ont été conçues pour des méditants avancés, et pour aller au-delà de la lucidité, il conseille de chercher un guide qui parle notre langue.

Les troisième et quatrième veillesDécrites, pas guidées

Dans la tradition, la nuit compte quatre veilles, environ toutes les deux heures. Nous guidons les deux premières. Voici les deux autres, pour que tu saches qu'elles existent :

  • La troisième veille, la présence : deux heures avant l'aube, à demi assis sur un oreiller haut, vingt et une respirations profondes et douces, l'attention au cœur sur une syllabe sombre et lumineuse. Elle ouvre des rêves de puissance tranquille et de sécurité.
  • La quatrième veille, l'intrépidité : avant l'aube, au plus bas du corps, une goutte de lumière sombre qui imprègne tout. Elle provoque volontairement des rêves orageux, de feu, de torrents, qui défont l'image de soi et peuvent être terrifiants.

Tenzin lui-même ne les fait aborder qu'une fois les trois premières stables. La quatrième en particulier relève d'un enseignement : nous ne la guidons pas, et la déconseillons en cas de cauchemars récurrents, de traumatisme ou d'anxiété.

Questions fréquentes

Une tradition ancienne, une vie d'aujourd'hui.

Les questions qui reviennent le plus souvent.

Faut-il être bouddhiste ou bönpo pour pratiquer ?

Non. Tenzin Wangyal présente lui-même les fondations comme accessibles à tous. Ce programme reste fidèle à la source sans demander d'adhésion. Les figures traditionnelles, comme les dakinis, peuvent être vécues à ta façon : l'auteur autorise une lecture symbolique.

Quelle différence avec « S'éveiller dans le rêve » ?

« S'éveiller dans le rêve » suit les techniques testées par la recherche occidentale, centrées sur la nuit. Ici, la lucidité naît d'abord de la présence dans la journée, et la nuit est structurée en veilles. Les deux se complètent très bien : beaucoup de gestes sont communs.

La pratique m'empêche de dormir

C'est le problème le plus fréquent au début. Relâche la concentration, par petites étapes : une simple lumière rouge, vague, à la gorge, suffit. Et si ça persiste, garde la journée et le soir, sans les veilles, pendant quelque temps.

Je m'endors tout de suite, sans rien remarquer

C'est très bien pour ton sommeil. La pratique agit souvent sans qu'on s'en aperçoive : regarde plutôt si tes rêves deviennent plus clairs, plus longs, mieux retenus.

Pourquoi le côté droit pour les hommes et le gauche pour les femmes ?

C'est une donnée de la tradition, liée à son modèle des canaux d'énergie. Nous la présentons telle quelle, mais chacun choisit le côté où il est à l'aise. Une posture stable aide de toute façon à rester un peu présent.

« Tout est un rêve » me met mal à l'aise

Arrête cet exercice. Reviens au corps, au poids, aux pieds sur le sol, et garde le reste du programme. Si ce malaise ressemble à une impression d'irréalité qui dure, parles-en à un médecin.

Puis-je pratiquer les troisième et quatrième veilles ?

Nous ne les guidons pas. Tenzin lui-même ne les fait aborder qu'une fois les trois premières stables, et la quatrième provoque volontairement des rêves orageux. Elles se pratiquent dans le cadre d'un enseignement.

Et si je n'ai aucun résultat ?

Tenzin ne s'en contente pas, mais il ne dramatise pas : il regarde la vie de tous les jours. Plus de détente, moins de tension et de distraction, des rêves plus clairs : ce sont les premiers signes. Si rien ne bouge, on reprend les fondations du jour.

Le bilan des huit semaines

Relire son carnet, sans juger.

  • Mon attention est-elle plus stable qu'au début ? Combien de temps, sans effort ?
  • Les rappels « tout est un rêve » ont-ils changé ma façon de vivre mes émotions ?
  • Mes rêves sont-ils plus clairs, plus longs, mieux retenus ?
  • Ai-je reconnu des rêves, même après coup ? Ai-je été lucide, et combien de temps ?
  • Quelle tonalité ont mes rêves selon la veille pratiquée ?
  • Suis-je plus détendu, moins tendu, moins distrait dans la journée ?
  • Ai-je envie d'aller plus loin, avec le livre ou un enseignant ?
Le carnet

Le jour, le soir, le matin.

Sur papier ou sur téléphone. C'est cette trace honnête qui transforme des impressions en expérience.

  • La date et la semaine
  • Le calme de l'esprit : durée sans effort, obstacle rencontré
  • Les rappels du jour qui ont vraiment éveillé
  • La nuit : rêves, tonalité, reconnus ou non
  • Le matin : oubli, rêve ou clarté ?

Ton carnet de bord, la base de l'exploration

C'est lui qui transforme une suite de séances en vraie recherche intérieure. Séance après séance, tu notes ce qui se passe, et tu vois apparaître ce qui revient, ce qui change, ce qui marche pour toi. Sans trace, la mémoire arrange et oublie. Avec, tu gardes les résultats de ton aventure, et tu peux les relire dans un mois comme dans un an.

Toutes les séances du programme, avec les cases à cocher et les champs à remplir. Deux formats au choix : pour tes notes (Notes sur iPhone, Keep sur Android, n'importe quel éditeur), ou à imprimer en PDF, pour écrire au stylo.

Ton carnet de bord

Indique ton email : le téléchargement se lance tout de suite, et tu reçois aussi le carnet dans ta boîte mail pour le retrouver quand tu veux.

Quel format ?

Le vrai · les sources

Sur quoi s'appuie ce programme.

Le yoga du rêve tibétain n'a pas encore été évalué en tant que tel par des études contrôlées. Deux travaux éclairent en revanche le lien que fait la tradition entre la présence du jour et la lucidité de la nuit.

Université du Wisconsin · 2018

Les méditants rêvent plus souvent en conscience

Benjamin Baird, Brady Riedner, Melanie Boly, Richard Davidson, Giulio Tononi, revue Psychology of Consciousness

Ce qui a été fait
178 adultes : 38 méditants pratiquant depuis au moins cinq ans, et 140 personnes sans expérience, réparties entre un cours de méditation de huit semaines, un programme de santé et une liste d'attente.
Résultat
Les méditants de longue date faisaient plus de rêves lucides que les autres, environ un par mois contre un tous les deux mois, sans se souvenir davantage de leurs rêves. Le cours de huit semaines, lui, n'a rien changé.
Limite
Comparaison à un instant donné : elle ne prouve pas que la méditation cause la lucidité. Huit semaines sont peut-être trop courtes : la tradition parle d'années.

Article complet · PsyPost

Universités de Berne et de Liverpool · 2015

La présence, le jour comme la nuit

Tadas Stumbrys, Daniel Erlacher, Peter Malinowski, revue Imagination, Cognition and Personality

Ce qui a été fait
528 personnes ont répondu à une enquête en ligne sur leurs rêves lucides et sur leur niveau de présence attentive dans la vie éveillée.
Résultat
Plus on est présent dans la journée, plus on fait de rêves lucides, mais seulement chez ceux qui ont une expérience de la méditation. C'est la présence, plus que l'acceptation, qui fait le lien.
Limite
Enquête par questionnaire : un lien, pas une preuve de cause à effet.

Université de Berne · Version auteur

Le livre · un regard de chercheur

Une source complémentaire

Stephen LaBerge et Howard Rheingold, Exploring the World of Lucid Dreaming (1990), chapitres 4 et 12

Ce qui a été fait
LaBerge, qui a prouvé le rêve lucide au laboratoire de Stanford, présente plusieurs pratiques tibétaines du rêve, d'après Evans-Wentz et Tarthang Tulku : la résolution, la syllabe AH dans la gorge, les points blanc et noir, le lotus et la flamme.
Résultat
Il voit dans le rêve lucide un panneau indicateur vers une conscience plus vaste, plutôt qu'une voie complète, et rappelle que ces méthodes sont faites pour des méditants avancés, avec un guide.
Limite
Le regard d'un chercheur occidental sur une tradition, pas une transmission. Nous ne guidons pas ces variantes.

L'ouvrage · une tradition vivante

La source du programme

Tenzin Wangyal Rinpoché, Les Yogas tibétains du rêve et du sommeil

Ce qui a été fait
Le calme de l'esprit, les quatre pratiques du jour, la préparation du soir, les quatre veilles de la nuit, la lucidité et ses transformations, le yoga du sommeil, d'après la Tantra de la Mère.
Résultat
Des pratiques transmises de maître à élève depuis des siècles dans la tradition bön.
Limite
Une transmission spirituelle, pas une étude. Nous n'en guidons qu'une partie, simplifiée, et renvoyons à un enseignant pour le reste.

Ligmincha International

Ce qui reste ouvert

Personne n'a encore mesuré ce que produisent ces huit semaines chez des pratiquants d'aujourd'hui. Les carnets, du jour comme de la nuit, en seront la première trace.