Se déposer, poser le pilote
Reconnaître le pilote, jusqu'à saisir la pensée avant qu'elle ne devienne des mots. Il reviendra souvent : c'est l'exercice. Un jour sur deux, « La grande détente » remplace « Se déposer » : lâcher par le corps.
Il y a en nous une part qui contrôle, vérifie, analyse. Elle nous sert tous les jours, mais elle bloque souvent l'accès à ce qui vient de plus profond. Ce programme apprend à la poser, sans lutter, pour laisser la part réceptive s'exprimer. Il s'appuie sur l'hypnose, sur Jung, et sur ce qu'ont observé Robert Bruce, William Buhlman, Michael Raduga, Sylvan Muldoon, Tenzin Wangyal Rinpoché, Gay Hendricks et Stanislav Grof.

Tout le programme repose sur un geste, répété avec douceur : remarquer le pilote quand il reprend la main, le remercier, et le laisser se reposer. Puis on apprend à descendre plus profond, à écouter ce qui vient, et enfin à vouloir sans s'agripper. Lâcher le pilote, ce n'est pas lâcher toute présence : le cavalier reste en selle.
Ce que dit la recherche : à Stanford, l'imagerie cérébrale de 57 personnes a montré que la transe hypnotique diminue l'activité de la zone qui surveille les distractions et les erreurs, et réduit le lien entre le « pilote » préfrontal et le réseau des pensées sur soi. Lâcher le contrôle est une compétence qui s'entraîne.
Les programmes s'adressent aux adultes. Les précautions communes, la séance « L'atterrissage » pour redescendre et où trouver de l'aide : les repères.
Reconnaître le pilote, descendre, écouter, puis vouloir sans s'agripper. On commence court et souvent, puis on va plus loin, plus rarement.
Reconnaître le pilote, jusqu'à saisir la pensée avant qu'elle ne devienne des mots. Il reviendra souvent : c'est l'exercice. Un jour sur deux, « La grande détente » remplace « Se déposer » : lâcher par le corps.
Descendre, puis écouter. Un jour la transe par la sensation, un jour la question posée au puits et le dialogue avec l'image.
Vouloir sans s'agripper. Poser une intention, la sentir, puis ouvrir la main. Les autres jours, « Lâcher consciemment » : le même geste, pour les soucis de la journée.
Habiter l'espace sans pilote, sans s'endormir. On en rapporte un signe, pour retrouver cet état en un instant dans la journée.
Les enregistrements arrivent bientôt. En attendant, lis le texte lentement, en respectant les pauses, ou enregistre-le pour toi.
Cinq outils à garder sous la main, avant, pendant ou après les séances.
Robert Bruce conseille une chose très simple avant de méditer : écrire pendant dix minutes, sans s'arrêter, tout ce qui occupe l'esprit. Les courses, les soucis, la conversation de la veille, les projets. Sans chercher à bien écrire, sans relire.
Le pilote se sent entendu : ce qu'il craignait d'oublier est noté. Il accepte alors beaucoup plus facilement de s'asseoir. Tu peux jeter la feuille ensuite, ou la garder.
Inutile de parler d'ondes cérébrales : ton corps te dit où tu en es. Robert Bruce distingue trois profondeurs, et Tenzin Wangyal Rinpoché un piège.
Si tu t'endors souvent, frotte le bout de tes doigts l'un contre l'autre pendant la descente, ou pratique assis dans un fauteuil, la tête à son point d'équilibre.
Une ritournelle, un souci qui revient, une conversation qu'on rejoue sans fin. Bruce propose quatre étapes, à essayer dans l'ordre :
Si des pensées obsédantes persistent en dehors de la pratique et gênent la vie quotidienne, c'est le signe qu'il faut en parler à un médecin.
Quand on commence à lâcher, une peur monte souvent : et si je ne revenais pas ? Et si je faisais ou disais n'importe quoi ? Et si quelque chose prenait le dessus ? C'est le pilote qui fait son travail : il protège. On peut le rassurer.
Si la peur reste trop forte, ouvre les yeux, pose les pieds au sol, nomme ce que tu vois autour de toi. Tu peux aussi écouter « L'atterrissage », dans les repères. Et si cette peur te suit dans la vie de tous les jours, parles-en à un professionnel.
À la fin du « Grand calme », tu rapportes un signe : une image, une couleur, un mot, une sensation. C'est un raccourci. Dans la journée, au feu rouge, dans une file d'attente, avant une réunion, rappelle-toi ce signe et respire une fois lentement. Le corps se souvient du lac.
Plus tu l'utilises, plus il marche : c'est le principe de l'ancrage, bien connu en hypnose. Note dans ton carnet les moments où tu l'as utilisé, et ce qu'il a changé.
Résister, c'est son métier. Voici les situations les plus courantes.
C'est exactement ce qu'on vient observer. Le but n'est pas d'arrêter les pensées, mais de remarquer qui les produit, puis de relâcher. Chaque retour compte comme une répétition réussie. Si une pensée tourne en boucle, la fiche « Pensées en boucle » propose quatre étapes.
C'est très fréquent au début, et Robert Bruce le décrit comme un passage normal : un vide inhabituel, parce qu'on n'a pas l'habitude d'être sans commentaire intérieur. Il devient vite familier, puis reposant.
Ça arrive, surtout au début ou en cas de fatigue. Essaie assis dans un fauteuil, la tête à son point d'équilibre, ou à un autre moment de la journée. Si tu t'endors souvent, ton corps réclame peut-être du repos : écoute-le.
Ce n'est pas nécessaire. Sentir suffit, et penser suffit. William Buhlman et Robert Bruce le répètent : beaucoup de gens ne « voient » rien, et vivent pourtant des états profonds.
Le rien est une expérience aussi. Souvent, il cache un pilote très discret qui attend quelque chose de précis : c'est le poing dans le bocal. Lâche l'attente elle-même, et note simplement : « rien, et calme ».
Ne l'analyse pas tout de suite. Écris-la telle quelle, ou dessine-la. Jung laissait souvent passer des jours avant de chercher le sens : il apparaît parfois en relisant son carnet.
Elles peuvent remonter quand le contrôle se relâche. Ouvre les yeux, pose les pieds au sol, respire. Si elles sont trop intenses ou reviennent souvent, fais une pause et parles-en à un professionnel.
Reste assis quelques minutes, bouge les mains et les pieds, bois un verre d'eau, regarde autour de toi en nommant ce que tu vois. Ne prends pas le volant tout de suite.
Sur papier ou sur téléphone. C'est cette trace honnête qui transforme des impressions en expérience.
C'est lui qui transforme une suite de séances en vraie recherche intérieure. Séance après séance, tu notes ce qui se passe, et tu vois apparaître ce qui revient, ce qui change, ce qui marche pour toi. Sans trace, la mémoire arrange et oublie. Avec, tu gardes les résultats de ton aventure, et tu peux les relire dans un mois comme dans un an.
Toutes les séances du programme, avec les cases à cocher et les champs à remplir. Deux formats au choix : pour tes notes (Notes sur iPhone, Keep sur Android, n'importe quel éditeur), ou à imprimer en PDF, pour écrire au stylo.
Ce programme n'a pas encore été évalué en tant que tel : il s'appuie sur ce que l'imagerie cérébrale a montré de l'hypnose et des états d'absorption, sur une méthode établie de la psychologie des profondeurs, et sur l'expérience de praticiens.
Heidi Jiang, David Spiegel et collègues, revue Cerebral Cortex
Marie Therese Bartossek, Johanna Kemmerer, Timo Torsten Schmidt, revue PLoS ONE
Pratique développée par Jung et consignée dans le Livre rouge
Robert Bruce, Astral Dynamics et Energy Work · Gay Hendricks, Conscious Breathing et The Genius Zone · Stanislav et Christina Grof, Holotropic Breathwork · William Buhlman, Adventures Beyond the Body · Michael Raduga, The Phase · Sylvan Muldoon, La Projection du corps astral · Tenzin Wangyal Rinpoché, Les Yogas tibétains du rêve et du sommeil
Personne n'a encore mesuré ce programme tel qu'il est proposé ici, ni ce que chacun rencontre quand le pilote se pose. Les carnets de celles et ceux qui le suivent en seront la première trace.