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Programme · Éveil et transe

Lâcher le pilote, laisser venir.

Il y a en nous une part qui contrôle, vérifie, analyse. Elle nous sert tous les jours, mais elle bloque souvent l'accès à ce qui vient de plus profond. Ce programme apprend à la poser, sans lutter, pour laisser la part réceptive s'exprimer. Il s'appuie sur l'hypnose, sur Jung, et sur ce qu'ont observé Robert Bruce, William Buhlman, Michael Raduga, Sylvan Muldoon, Tenzin Wangyal Rinpoché, Gay Hendricks et Stanislav Grof.

4semaines
10 à 30minutes
8séances
5fiches pratiques
Une plume blanche posée dans une lumière pâle
La pratique

Remarquer, puis relâcher.

Tout le programme repose sur un geste, répété avec douceur : remarquer le pilote quand il reprend la main, le remercier, et le laisser se reposer. Puis on apprend à descendre plus profond, à écouter ce qui vient, et enfin à vouloir sans s'agripper. Lâcher le pilote, ce n'est pas lâcher toute présence : le cavalier reste en selle.

Comment s'y prendre

  1. Choisir un moment où l'on ne sera pas dérangé, assis ou allongé. Si l'esprit déborde, dix minutes d'écriture libre avant (fiche « Vider le pilote »).
  2. Commencer, si on le souhaite, par « Se déposer » : dix minutes qui ouvrent toutes les autres séances.
  3. Écouter ou lire la séance de la semaine, sans chercher de résultat.
  4. Chaque fois que le pilote revient, le remarquer sans se juger, puis relâcher.
  5. Revenir lentement, puis noter tout de suite ce qui est venu, et quand le pilote est revenu.

Ce que dit la recherche : à Stanford, l'imagerie cérébrale de 57 personnes a montré que la transe hypnotique diminue l'activité de la zone qui surveille les distractions et les erreurs, et réduit le lien entre le « pilote » préfrontal et le réseau des pensées sur soi. Lâcher le contrôle est une compétence qui s'entraîne.

Avant de commencer

  • Jamais en conduisant ni en faisant une activité qui demande de la vigilance.
  • On se laisse quelques minutes après chaque séance avant de reprendre ses activités.
  • En cas de trouble psychiatrique (épisodes psychotiques, dissociation importante), d'épilepsie ou de traumatisme récent, on en parle à un professionnel avant de commencer.
  • Si une émotion forte surgit, on ouvre les yeux, on respire, on pose les pieds au sol. On peut toujours arrêter.
  • Robert Bruce met en garde contre la transe trop facile : si tu y glisses sans le vouloir dans la journée, ou si tu t'y sens « absent », fais une pause de quelques semaines et reviens à une vie active, avec du mouvement et des gens.
  • Ce programme n'est pas une thérapie et ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.

Les programmes s'adressent aux adultes. Les précautions communes, la séance « L'atterrissage » pour redescendre et où trouver de l'aide : les repères.

Semaine après semaine

Quatre semaines, quatre gestes.

Reconnaître le pilote, descendre, écouter, puis vouloir sans s'agripper. On commence court et souvent, puis on va plus loin, plus rarement.

Semaine 1 · 25 à 35 min, chaque jour

Se déposer, poser le pilote

Reconnaître le pilote, jusqu'à saisir la pensée avant qu'elle ne devienne des mots. Il reviendra souvent : c'est l'exercice. Un jour sur deux, « La grande détente » remplace « Se déposer » : lâcher par le corps.

Semaine 2 · 20 min, en alternance

La plume, laisser répondre

Descendre, puis écouter. Un jour la transe par la sensation, un jour la question posée au puits et le dialogue avec l'image.

Semaine 3 · 20 min, un jour sur deux

Le singe et le bocal

Vouloir sans s'agripper. Poser une intention, la sentir, puis ouvrir la main. Les autres jours, « Lâcher consciemment » : le même geste, pour les soucis de la journée.

Semaines 3 et 4 · 30 min, 2 ou 3 fois

Le grand calme

Habiter l'espace sans pilote, sans s'endormir. On en rapporte un signe, pour retrouver cet état en un instant dans la journée.

Séances guidées

Huit séances, une seule main ouverte.

Les enregistrements arrivent bientôt. En attendant, lis le texte lentement, en respectant les pauses, ou enregistre-le pour toi.

Un voile rose et blanc qui descend
Semaine 1 et avant chaque séance · 10 min · William Buhlman

Se déposer

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après la préparation du « liquide blanc » de William Buhlman (Adventures Beyond the Body). Assis ou allongé, environ 10 minutes. Une porte d'entrée : tu peux la faire seule, ou juste avant n'importe quelle autre séance.

Tu peux t'installer, et laisser tes yeux se fermer quand ils le veulent. Rien à réussir. Juste arriver.

Pause 10 secondes

Le souffle peut s'allonger un peu… puis repartir, comme un soupir. Encore une fois, si tu veux… puis le laisser faire seul.

Pause 15 secondes

Imagine maintenant, ou sens, ou pense simplement, qu'un liquide blanc et tiède se pose au sommet de ton crâne. Une sorte de lait de lumière, doux, à la température exacte de ton corps.

Pause 10 secondes

Il entre lentement par le haut de la tête. Il descend dans le front… derrière les yeux… dans les joues, la mâchoire. Partout où il passe, il ramasse les tensions, comme une eau claire ramasse le sable.

Pause 20 secondes

Il coule dans la nuque… dans la gorge… il descend dans les épaules, et les épaules descendent avec lui.

Pause 15 secondes

Il remplit les bras, lentement, jusqu'aux coudes… jusqu'aux poignets… jusqu'au bout des doigts.

Pause 15 secondes

Il descend dans la poitrine, dans le dos, tout le long de la colonne… dans le ventre, qui se relâche… dans le bassin.

Pause 20 secondes

Et il continue, dans les cuisses… les genoux… les mollets… les chevilles… jusqu'aux pieds.

Pause 15 secondes

Au fil de sa descente, le liquide s'est chargé de tout ce que tu portais : la fatigue, les soucis de la journée, les petites peurs, les pensées en trop. Il n'est plus blanc. Il est devenu un peu gris, un peu brun.

Pause 10 secondes

Alors tu peux ouvrir de petites vannes, au creux des paumes et sous les talons. Et le laisser s'écouler. Tout s'en va, tranquillement, dans la terre, qui sait quoi en faire.

Pause 30 secondes

Quand le dernier filet s'est écoulé, tu peux refermer les vannes. Et remarquer ce qui reste : un corps plus léger. Comme lavé de l'intérieur. Léger comme une plume.

Pause 30 secondes

Si tu enchaînes avec une autre séance, tu peux rester ainsi, et la commencer maintenant.

Pause 10 secondes

Sinon, tu peux respirer un peu plus profondément, bouger les doigts, les pieds, t'étirer. Et ouvrir les yeux, en gardant la légèreté.

Fin

Buhlman en faisait sa préparation avant toute exploration. Si l'image ne vient pas, la sensation suffit ; si la sensation ne vient pas, la pensée suffit.

Une femme allongée, détendue
Semaine 1, en alternance · 20 min · Gay Hendricks

La grande détente

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après Gay Hendricks (Conscious Breathing, sa quatrième leçon avancée : respirer vers une relaxation profonde). Allongé, les jambes étendues, les pieds un peu écartés, les bras le long du corps. Environ 20 minutes, en semaine 1, en alternance avec « Se déposer » ; puis comme porte d'entrée, quand le pilote est très présent.

Hendricks raconte l'avoir guidée un soir pour cent cinquante personnes, à Kansas City : à la fin, un silence immense, presque religieux. Pour nous, c'est une détente par le corps : pour le pilote, c'est plus facile à suivre qu'une consigne de lâcher.

Tu peux t'allonger, les jambes étendues, les pieds écartés à peu près de la largeur des hanches, les bras le long du corps. Laisser les yeux se fermer.

Pause 15 secondes

Pour commencer, une respiration très simple. Une inspiration lente, longue, sans forcer. En haut, elle peut fondre dans l'expiration, sans s'arrêter. Puis une longue expiration, jusqu'au tout dernier petit bout d'air.

Pause 10 secondes

Et là, rien ne presse. Sans retenir, tu laisses la prochaine inspiration te surprendre, quand le corps la décide. Ça peut prendre une seconde, ou dix, ou quinze. C'est déjà un premier lâcher : le corps décide à ta place.

Pause 60 secondes · inspirer longuement, expirer jusqu'au bout, attendre la surprise

Maintenant, le poing droit. Pendant toute une inspiration, tu peux le serrer, doucement mais vraiment, en laissant le reste du corps détendu. Et sur toute l'expiration, tu le relâches… et tu continues de relâcher, encore, même quand il te semble déjà relâché. Puis tu attends la surprise de l'inspiration suivante.

Pause 30 secondes · serrer à l'inspiration, relâcher à l'expiration

Encore une fois. Serrer le poing en inspirant… le laisser s'ouvrir en expirant… et continuer à lâcher.

Pause 25 secondes

Et maintenant tout le bras droit, du poing jusqu'à l'épaule. Tu le tends en inspirant… et tu lâches tout en expirant.

Pause 30 secondes

Tu peux te reposer, et comparer, simplement : le bras droit, le bras gauche. Est-ce qu'il y a une différence ? Plus lourd, plus chaud, plus large ? Ou rien. Hendricks le dit : il n'y a pas de bonne ni de mauvaise réponse.

Pause 30 secondes

Le bras gauche maintenant. Le poing qui se serre à l'inspiration… qui s'ouvre à l'expiration. Puis tout le bras, jusqu'à l'épaule.

Pause 50 secondes

Et les deux bras ensemble. Tendre en inspirant… tout lâcher en expirant… et continuer à lâcher.

Pause 30 secondes

La jambe droite. Tu peux contracter le pied, le mollet, la cuisse, la fesse droite, sur toute une inspiration… et tout relâcher sur l'expiration.

Pause 30 secondes

Tu peux comparer les deux jambes. Puis la jambe gauche, de la même façon.

Pause 50 secondes

Les deux jambes ensemble. Tendre… lâcher… et continuer à lâcher.

Pause 30 secondes

Et maintenant, tout ensemble. Les poings, les bras, les jambes, les fesses. Tu tends tout le corps sur une longue inspiration… et sur l'expiration, tu laisses tout partir, comme une marionnette dont on coupe les fils.

Pause 30 secondes

Une dernière fois. Tout tendre… et tout lâcher.

Pause 30 secondes

Et maintenant, tu ne penses plus du tout au souffle. Le corps respire comme il veut. Toi, tu n'as plus rien à faire. Tu peux sentir simplement le corps entier, posé, lourd, ou peut-être très léger.

Pause 60 secondes

Tu peux remarquer où est le pilote, maintenant. Peut-être plus loin. Plus calme. Il a eu quelque chose à faire, serrer, relâcher, et il a fini par se reposer avec le reste du corps. Tu peux le laisser là.

Pause 120 secondes · le corps entier, sans rien faire

Si une image vient, une sensation, une pensée qui ne ressemble pas aux autres, tu peux l'accueillir. Et si rien ne vient, ce repos est déjà beaucoup.

Pause 90 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Et tu peux prendre le temps de te relever, en passant par le côté.

Fin

Dans ton carnet : où le pilote était au début, où il était à la fin. Et la partie du corps qui a lâché le plus facilement.

Lac embrumé au lever du jour, reflets roses
Semaine 1 · 15 min · avec Robert Bruce

Poser le pilote

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis ou allongé, environ 15 minutes, chaque jour de la semaine 1. Tu peux commencer par « Se déposer ». Jamais en conduisant.

Tu peux t'installer, prendre le temps d'arriver ici. Fermer les yeux quand tu le sens. Pendant ces quelques minutes, il n'y a rien à réussir, rien à comprendre, nulle part où aller.

Pause 10 secondes

Ta respiration peut s'approfondir un peu, si elle en a envie… et repartir comme un soupir. Puis revenir à son propre rythme. Elle n'a jamais eu besoin de toi pour respirer.

Pause 15 secondes

Il y a en chacun de nous une part qui tient la barre. Elle commente, vérifie, compare, prévoit. Elle se demande si tu fais bien, si ça marche, ce qui vient ensuite. C'est le pilote. Et peut-être que tu l'entends déjà, là, en ce moment même. C'est bien. Il fait son travail.

Pause 10 secondes

On raconte l'histoire d'un vieux marin qui avait passé sa vie à la barre. Il ne lâchait jamais le gouvernail, même par mer calme, même la nuit. Un soir, épuisé, un jeune mousse lui proposa de se reposer. « Si je lâche, dit le marin, qui tiendra le cap ? » Le mousse sourit, et lui montra la voile, gonflée d'un vent régulier, et le bateau qui avançait droit, tout seul, porté par la mer. Le vieux marin s'assit, pour la première fois depuis des années. Et il découvrit que le bateau savait naviguer.

Pause 15 secondes

Ton pilote n'a pas à disparaître. Tu n'as pas à le faire taire, ni à lutter contre lui : la lutte, c'est encore lui qui tient la barre. Tu peux simplement lui proposer de s'asseoir un moment. Le reste de toi sait naviguer.

Pause 15 secondes

Pour l'aider, on va d'abord apprendre à le reconnaître. Pas dans ses grands discours : au moment où il commence à parler. Porte ton attention sur l'espace juste derrière ton front. Et attends. Attends la prochaine pensée, comme un chat attend devant un trou de souris.

Pause 20 secondes

Remarque : une pensée ne surgit pas d'un coup. Juste avant les mots, il y a comme une petite pression, une impulsion, un élan qui cherche à se former. Robert Bruce, qui a beaucoup enseigné la méditation, l'appelle la pression de pensée. Si tu la remarques avant qu'elle ne devienne des mots, elle se dissout, souvent, toute seule.

Pause 15 secondes

Essaie, sans effort. Tu guettes… la petite pression arrive… tu la remarques… et tu la laisses retomber, sur une expiration, comme on laisse retomber une bulle à la surface de l'eau.

Pause 45 secondes

Si les mots sont déjà là, ce n'est pas grave du tout. Tu remarques simplement : le pilote parle. Tu le remercies. Et tu reviens guetter, un peu plus tôt la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et entre deux pensées, peut-être remarques-tu un petit espace. Un silence. Il peut paraître étrange, au début, presque vide, un peu inhabituel. C'est normal. C'est l'espace où personne ne pilote.

Pause 30 secondes

Maintenant, il n'y a plus rien à guetter. Simplement laisser venir ce qui vient. Une sensation dans le corps, une couleur, une image, un mot, un souvenir. Ou rien du tout. Tu peux regarder tout cela comme on regarde le paysage défiler depuis le pont d'un bateau, sans avoir à le diriger.

Pause 60 secondes

Si le pilote revient, et il reviendra, c'est tout à fait normal. Il a l'habitude de tenir la barre. Tu peux le remarquer, le remercier, et lui proposer de se rasseoir. Remarquer, puis relâcher. C'est tout l'exercice, et chaque retour est une réussite.

Pause 60 secondes

Remarquer… relâcher…

Pause 60 secondes

Avant de revenir, tu peux remarquer comment tu te sens, là, maintenant. Cette sensation existe en toi. Tu pourras la retrouver.

Pause 15 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Dans ton carnet : à quel moment le pilote est revenu, si tu as senti la petite pression avant les mots, et ce qui est venu dans l'espace entre deux pensées.

Une plume blanche qui flotte
Semaine 2 · 20 min · Robert Bruce

La plume

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après les techniques de transe de Robert Bruce (Astral Dynamics). Assis dans un fauteuil, la tête à son point d'équilibre : si tu t'endors, elle tombera un peu et te réveillera. Environ 20 minutes, un jour sur deux en semaine 2. Commence si tu veux par « Se déposer ».

Une transe, ici, c'est simplement ceci : le corps qui s'endort pendant que l'esprit reste éveillé. Rien de mystérieux. Tu en traverses une chaque soir, sans t'en apercevoir, au moment de t'endormir.

Tu peux t'installer, laisser la tête trouver son équilibre, comme un fruit posé sur une branche. Et fermer les yeux.

Pause 10 secondes

Robert Bruce, un explorateur australien qui a beaucoup étudié ces états, a remarqué une chose simple : pour descendre, il ne suffit pas de voir un escalier dans sa tête. Il faut sentir qu'on descend. Une petite chute, dans le corps, comme au moment où l'ascenseur démarre vers le bas. C'est cette sensation que l'on va chercher.

Pause 10 secondes

Imagine une plume. Une grande plume légère, blanche ou grise, comme tu la sens. Et tu es cette plume.

Pause 10 secondes

À chaque expiration, elle tombe un peu, en se balançant doucement, de droite à gauche. À chaque inspiration, elle flotte, suspendue, presque immobile. Puis elle retombe. Plus bas.

Pause 20 secondes

Expire… tu tombes, en te balançant. Inspire… tu flottes. Expire… plus bas encore.

Pause 20 secondes

Et tu peux accompagner chaque chute d'une petite phrase, toujours la même, très simple : plus bas… plus profond… Toujours la même : c'est sa répétition qui fait le travail, comme une berceuse.

Pause 10 secondes

Plus bas… plus profond… plus bas… plus profond…

Pause 60 secondes · la plume, et la petite phrase

Les bruits de la pièce, de la rue, ne sont pas des ennemis. Bruce conseille de les accueillir plutôt que de chercher le silence parfait. Chaque bruit peut devenir un petit souffle d'air qui fait descendre la plume un peu plus bas.

Pause 45 secondes

Peu à peu, tu remarques peut-être les premiers signes. Les paupières lourdes. Le corps lourd, ou au contraire très léger. Des images qui passent, sans que tu les aies appelées. C'est la transe légère. C'est déjà beaucoup.

Pause 60 secondes · la plume, et la petite phrase

Plus bas… plus profond…

Pause 60 secondes

Si tu continues de descendre, peut-être sens-tu une vague de lourdeur qui passe sur tout le corps, avec une légère chute, comme dans un rêve. La pièce paraît plus grande, plus épaisse. Les sons s'étouffent, comme derrière une vitre. Ton corps s'endort, et toi, tu es là. C'est la transe pleine.

Pause 90 secondes

Reste ici, simplement. Rien à faire. Le pilote dort au fond de la barque. Toi, tu es éveillé, dans un corps qui dort.

Pause 120 secondes

Si tu sens un grand froid, une chute qui ne s'arrête plus, c'est la transe profonde. Tu n'as pas besoin d'y aller pour l'instant. Et si tu sens que tu glisses dans le sommeil, frotte doucement le bout de tes doigts l'un contre l'autre : ce petit geste te garde à la surface.

Pause 60 secondes

Et maintenant, remonte, lentement. La plume remonte, portée par l'inspiration. Le corps reprend son poids… sa chaleur… sa forme.

Pause 15 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Dans ton carnet : jusqu'où tu es descendu (légère, pleine, profonde), et les signes que tu as reconnus. Bruce recommande de garder toujours la même technique de descente et la même petite phrase : l'habitude creuse le chemin.

Champ de lavande au soleil couchant
Semaine 2 · 20 min · C. G. Jung

Laisser répondre

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

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D'après l'imagination active de Carl Gustav Jung. Assis ou allongé, environ 20 minutes, un jour sur deux en semaine 2. Avant de commencer, choisis une question simple et sincère, par exemple : « De quoi ai-je besoin en ce moment ? » Garde de quoi écrire à portée de main.

Tu peux t'installer, et laisser tes yeux se fermer quand ils le souhaitent. Prendre le temps d'arriver, vraiment, dans ce moment.

Pause 10 secondes

Trois respirations plus lentes, peut-être. À chaque expiration, quelque chose peut se déposer. Les épaules… la mâchoire… le ventre.

Pause 20 secondes

Tu connais maintenant le pilote. Tu peux le remarquer, là, avec ses questions et ses commentaires. Et lui proposer de s'asseoir. Il pourra tout regarder plus tard, dans ton carnet, avec toute son intelligence. Pour l'instant, il peut se reposer.

Pause 15 secondes

Tu peux imaginer, si cela te convient, que tu entres doucement dans une eau tiède. Une eau claire, à la température exacte de ton corps. Les pieds d'abord… les jambes… le bassin… le ventre… la poitrine… jusqu'aux épaules. Et l'eau te porte. Tu n'as plus à te tenir. Tu flottes.

Pause 20 secondes

À chaque respiration, tu peux descendre un peu plus dans ce calme. Comme une feuille qui se pose, lentement, au fond d'un lac transparent.

Pause 30 secondes

Et peut-être qu'apparaît maintenant un lieu où tu te sens en sécurité. Un lieu réel, que tu connais, ou un lieu que tu découvres. Une plage, une forêt, une pièce, un jardin. Les couleurs. La lumière. Les sons, ou le silence. La température de l'air sur ta peau.

Pause 30 secondes

Tu peux t'installer dans ce lieu. Il est à toi. Personne ne peut y entrer sans ton accord.

Pause 20 secondes

Dans les vieux villages, on raconte qu'on interrogeait les puits. On se penchait au-dessus de l'eau sombre, on y laissait tomber un caillou, et on écoutait. Pas tout de suite : il fallait attendre que le caillou touche le fond, puis que le son remonte, lentement, depuis les profondeurs. Ceux qui étaient pressés repartaient sans rien entendre. Ceux qui savaient attendre recevaient une réponse.

Pause 15 secondes

Tu peux maintenant laisser tomber ta question dans ce puits. Une seule fois, sans insister. Puis la laisser descendre…

Pause 15 secondes

Et attendre. La réponse ne viendra peut-être pas avec des mots. Ce peut être une image, une sensation quelque part dans le corps, une couleur, un souvenir, une présence. Ou rien, pour l'instant, et ce rien aussi a son sens.

Pause 90 secondes

Si quelque chose s'est présenté, une image, un animal, un objet, un personnage, tu peux faire ce que faisait Jung. Ne pas l'interpréter. Le regarder. Le laisser bouger, se transformer, comme il veut. Il a sa vie propre.

Pause 45 secondes

Et si tu le sens juste, tu peux lui parler. Simplement. Lui demander : Qui es-tu ? Ou : Qu'as-tu à me dire ? Puis attendre sa réponse, comme on attend celle d'un inconnu respecté. Jung disait qu'il faut prendre ces images au sérieux, comme de vraies personnes, sans les croire aveuglément ni les mépriser.

Pause 90 secondes

Si le pilote se lève pour analyser, tu peux le remercier, et lui rappeler qu'il aura son tour plus tard. Pour l'instant, on écoute.

Pause 60 secondes

Tu peux rester encore un moment avec ce qui est venu. Et lui dire au revoir, si cela te semble juste. Remercier ce lieu, et ce qui s'est présenté, quel qu'il soit. Ce lieu reste à toi.

Pause 20 secondes

Doucement, tu peux sortir de l'eau tiède, remonter vers la surface, à ton rythme.

Pause 10 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Écris tout de suite, sans corriger : ta question, ce qui est venu, le dialogue s'il y en a eu. C'est la seconde moitié de la méthode de Jung : donner une forme à ce qui est venu, par l'écriture ou le dessin. Le pilote peut maintenant relire, avec bienveillance.

Un petit singe, regard pensif
Semaine 3 · 20 min · Michael Raduga, Sylvan Muldoon

Le singe et le bocal

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

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D'après Michael Raduga (The Phase) et Sylvan Muldoon (La Projection du corps astral). Assis ou allongé, environ 20 minutes, en semaine 3. Avant de commencer, choisis une intention : quelque chose que tu souhaites vraiment, pour ta nuit, ta journée ou ta vie. Une phrase courte, au présent, sans négation.

Tu peux t'installer, fermer les yeux, et laisser le corps se poser. Tu connais le chemin maintenant : le souffle qui s'allonge, les épaules qui descendent, la plume qui tombe à chaque expiration.

Pause 30 secondes

On raconte que dans certains pays, on attrapait les singes avec un simple bocal. Un bocal au col étroit, attaché à un arbre, avec une banane à l'intérieur. Le singe glissait la main, saisissait la banane… et ne pouvait plus ressortir : son poing fermé était trop gros pour le col. Il lui aurait suffi d'ouvrir la main. Mais il tenait la banane.

Pause 15 secondes

Michael Raduga, qui a étudié des milliers de tentatives d'entrer dans le rêve lucide ou de sortir de son corps, raconte cette histoire pour expliquer pourquoi tant de gens échouent alors qu'ils veulent si fort. C'est le vouloir crispé qui ferme la main. Ce qui marche, dit-il, c'est une intention gardée à l'intérieur, et une indifférence au résultat.

Pause 10 secondes

Sylvan Muldoon le disait déjà en 1929 : il y a deux volontés. Celle du jour, qui force, qui doute. Et une autre, plus douce, celle de la somnolence, qui ne fait aucun effort et qui pourtant est entière, convaincue. C'est celle-là qu'on va apprendre à utiliser.

Pause 15 secondes

Prends maintenant ton intention. Dis-la intérieurement, une fois, clairement. Pas comme un ordre : comme une évidence. Comme on dit son prénom.

Pause 10 secondes

Et sens-la. Pas seulement les mots : ce que ce serait, si c'était déjà là. Dans le corps. Une chaleur, une légèreté, une joie, un calme. Laisse cette sensation grandir, doucement.

Pause 45 secondes

Remarque maintenant ta main intérieure. Est-ce qu'elle serre ? Est-ce qu'il y a quelque part une crispation, une impatience, une petite peur que ça ne marche pas ? C'est le poing dans le bocal. C'est normal. On veut tous la banane.

Pause 20 secondes

Alors, sur une longue expiration, ouvre la main. Lâche. Pas l'intention : la prise. L'intention reste, posée au fond de toi, comme une graine dans la terre. Tu n'as plus besoin de la tenir. La terre s'en occupe.

Pause 30 secondes

Une graine qu'on déterre chaque matin pour voir si elle pousse ne pousse jamais. Celle qu'on oublie un peu, qu'on arrose sans la surveiller, devient un arbre.

Pause 30 secondes

Reviens maintenant une seconde fois vers ton intention. Dis-la, encore plus doucement. Sens-la… puis ouvre la main. Dis… sens… ouvre.

Pause 45 secondes

Et une troisième fois, presque sans mots. Juste un effleurement. Dis… sens… ouvre.

Pause 45 secondes

Raduga a une petite phrase pour les moments où l'on veut trop : ça ne marchera pas, mais je m'entraîne. Elle desserre le poing. Et c'est souvent à ce moment-là que la porte s'ouvre.

Pause 20 secondes

Reste maintenant un long moment sans rien faire. L'intention est posée. La main est ouverte. Le pilote dort. Ce qui doit se faire peut se faire, sans toi.

Pause 180 secondes

Et quand tu le sentiras juste, tu pourras revenir, en laissant ton intention là où elle est, dans la terre. Tu n'as pas besoin de l'emporter consciemment. Elle te suit.

Pause 15 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Dans ton carnet : ton intention, l'endroit où ta main serrait, et ce que tu as ressenti en ouvrant. Ce geste servira dans les programmes du rêve et de la frontière du corps : programmer, puis lâcher.

Une main ouverte dans la lumière
Semaine 3 et dans la journée · 12 min · Gay Hendricks

Lâcher consciemment

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

D'après Gay Hendricks (The Genius Zone) : le geste qu'il appelle « lâcher consciemment le contrôle ». Assis, environ 12 minutes. En semaine 3, en alternance avec « Le singe et le bocal », puis chaque fois qu'un malaise te tient dans la journée. Pense avant de commencer à une situation qui te préoccupe en ce moment : un souci moyen, pas le plus lourd. On apprend le geste sur du léger.

Tu peux t'asseoir, les pieds au sol, laisser les yeux se fermer si tu le veux, et prendre deux ou trois respirations faciles. Sans les changer. Juste les remarquer.

Pause 20 secondes

Tu peux maintenant penser à cette situation qui te préoccupe. Une inquiétude, une tension avec quelqu'un, une décision qui traîne. Et remarque, simplement, ce que ça fait dans le corps. Peut-être un serrement dans le ventre, la poitrine, la gorge. Peut-être le souffle qui se fait plus court, plus haut.

Pause 30 secondes

Gay Hendricks, psychologue, a remarqué une chose : presque chaque fois qu'on souffre ainsi, on essaie de contrôler quelque chose qui n'est pas en notre pouvoir. Ce que pense quelqu'un. Ce qui s'est passé. Ce qui arrivera demain.

Pause 10 secondes

Alors, tu peux te poser une question. Pas pour trouver la réponse tout de suite. Juste pour la poser, comme on pose une pierre dans l'eau. On peut lui emprunter un autre de ses gestes : commencer la question par un « Hmmm », un petit son d'étonnement, comme quand on se demande vraiment quelque chose. Tu peux faire le son toi aussi, tout bas, ou intérieurement.

Pause 5 secondes

Hmmm… qu'est-ce que j'essaie de contrôler, ici, qui n'est pas en mon pouvoir ?

Pause 20 secondes · deux respirations faciles

Hmmm… qu'est-ce que j'essaie de contrôler, qui n'est pas en mon pouvoir ?

Pause 20 secondes · deux respirations faciles

Une réponse viendra peut-être. Un nom, une image, une phrase. Ou rien. Hendricks y tient : c'est la question qui compte, pas la réponse.

Pause 20 secondes

Et maintenant, tu peux dire intérieurement, simplement, comme on pose un sac trop lourd : « Je lâche consciemment le contrôle de cela, quoi que ce soit. »

Pause 15 secondes

Encore une fois, plus doucement : « Je lâche consciemment le contrôle de cela, quoi que ce soit. »

Pause 20 secondes

Tu peux remarquer le corps. Est-ce qu'il y a un tout petit peu plus d'espace, quelque part ? Le souffle qui descend d'un cran ? Les épaules qui se posent ? Peut-être rien encore. Le lâcher a parfois besoin de quelques secondes pour arriver jusqu'au corps.

Pause 30 secondes

Hendricks décrit deux façons de lâcher, avec une balle. Tu peux l'imaginer. Dans la première, tu tiens la balle, la paume vers le bas, et tu ouvres les doigts : elle tombe. Tu laisses partir. Dans la seconde, tu tiens la balle, la paume vers le haut, et tu ouvres les doigts : elle reste là, posée dans ta main. Tu ne la tiens plus. Tu la laisses être.

Pause 15 secondes

Pour cette situation, laquelle te convient aujourd'hui ? Laisser tomber… ou laisser reposer dans la main ouverte ? Tu peux faire le geste, vraiment, avec ta main.

Pause 40 secondes

Et pour finir, une seule chose : qu'est-ce qui, dans cette situation, est en ton pouvoir, là, dans les dix prochaines minutes ? Un petit geste. Un appel, un mot écrit, un verre d'eau, un pas dehors. Rien de plus.

Pause 30 secondes

Tu peux garder ce petit geste, et laisser le reste là où il est.

Pause 10 secondes

Trois respirations faciles… et tu peux ouvrir les yeux.

Pause 15 secondes Fin

Dans ton carnet : la situation, ce que tu essayais de contrôler, le geste choisi (laisser tomber ou laisser reposer), et le petit geste à ta portée. Tu peux refaire ce geste, en version courte, chaque fois qu'un malaise te tient : remarquer, Hmmm, je lâche consciemment, un geste à ma portée.

Lac immobile sous un ciel de nuit étoilé
Semaines 3 et 4 · 30 min · avec Tenzin Wangyal

Le grand calme

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Allongé, ou assis si tu as tendance à t'endormir, environ 30 minutes, à un moment où tu as du temps devant toi. Semaines 3 et 4, deux ou trois fois.

Tu peux t'installer pour un long moment de calme. Fermer les yeux. Il n'y a nulle part où aller, rien à attendre. Tout le temps qu'il faut.

Pause 15 secondes

Ta respiration peut ralentir d'elle-même. Tu n'as pas à la diriger. Seulement l'observer, comme on regarde la mer depuis une plage, une vague après l'autre, sans en compter aucune.

Pause 30 secondes

Ton attention peut parcourir ton corps, lentement, comme une lumière douce qui se promène. Le sommet du crâne. Le front. Les yeux, derrière les paupières. Les joues. La mâchoire. La gorge. Les épaules. Les bras, jusqu'au bout des doigts. La poitrine. Le ventre. Le dos, tout le long. Le bassin. Les jambes. Les pieds, jusqu'aux orteils.

Pause 30 secondes

Et chaque endroit que cette lumière traverse peut se déposer un peu plus. Comme si le corps devenait plus grand, plus calme, plus vaste. Comme si ses contours devenaient flous.

Pause 30 secondes

Le pilote est peut-être encore là. Tu peux le saluer. Pendant tout ce temps, il n'aura rien à faire. Il peut s'endormir, si tu veux, au fond de la barque.

Pause 20 secondes

Mais toi, tu restes éveillé. Tenzin Wangyal Rinpoché, maître de la tradition bön du Tibet, raconte l'histoire d'un cheval aveugle et d'un cavalier boiteux. Le cheval, c'est l'énergie, le corps, ce qui avance. Le cavalier, c'est la présence, ce qui voit. Seul, le cheval court n'importe où ; seul, le cavalier ne va nulle part. Ensemble, ils voyagent.

Pause 15 secondes

Lâcher le pilote, ce n'est pas lâcher le cavalier. Ce n'est ni s'endormir, ni s'engourdir. C'est laisser le cheval avancer, pendant que la présence, légère, reste en selle. Une présence qui voit, qui sent, qui est. Sans rien serrer.

Pause 20 secondes

Je vais compter de vingt à un, très lentement. Tu n'as pas besoin d'écouter les nombres. Ils peuvent simplement t'accompagner vers le bas, comme des marches de pierre qui descendent vers un lac, la nuit.

Vingt… dix-neuf… dix-huit… dix-sept… seize…

Pause 5 secondes

Quinze… quatorze… treize… douze… onze…

Pause 5 secondes

Dix… neuf… huit… sept… six…

Pause 5 secondes

Cinq… quatre… trois… deux… un.

Pause 20 secondes

Te voici au bord du lac. Il fait nuit, une nuit douce. L'air est immobile. Et le lac, peut-être, est encore agité de petites rides, comme l'est souvent l'esprit.

Pause 20 secondes

Il n'y a rien à faire pour que l'eau se calme. Personne ne lisse un lac avec la main. On attend seulement que le vent tombe. Et peu à peu, sans que personne ne fasse rien, les rides s'apaisent… et le lac devient un miroir. Alors, tout le ciel apparaît dedans. Les étoiles. La lune. La profondeur.

Pause 60 secondes

Les pensées, les images, les sensations sont comme des nuages qui passent dans ce ciel. Ils viennent, ils changent de forme, ils s'en vont. Et il y a aussi le ciel, lui-même, qui les laisse passer. Qui ne s'accroche à aucun. Qui reste.

Pause 30 secondes

Tu peux, si tu le veux, rester un moment avec cela. Avec ce qui voit passer les nuages. Sans chercher à le nommer. Sans chercher à le comprendre.

Pause 120 secondes

Si tu sens que tu t'engourdis, que tout devient flou et lourd, que tu glisses : le cavalier s'endort. Tu peux simplement ouvrir un peu ton attention, comme on ouvre une fenêtre. Voir… sentir… être.

Pause 90 secondes

Rien à faire. Laisser venir ce qui vient. Laisser partir ce qui part.

Pause 150 secondes

Et si quelque chose se présente, une image, une présence, une sensation de lumière, d'espace, de chaleur, tu peux l'accueillir avec curiosité, comme un visiteur inattendu. Si rien ne vient, ce rien est aussi une expérience. Le ciel vide est encore le ciel.

Pause 150 secondes

Doucement, tu peux laisser émerger un signe de ce moment. Une image, une couleur, un mot, une sensation. Quelque chose de simple, que tu pourras retrouver plus tard, dans ta journée, pour revenir ici en un instant. Comme un galet ramassé au bord du lac.

Pause 30 secondes

Tu peux garder ce signe avec toi.

Pause 15 secondes

Et lentement, tu peux remonter les marches de pierre, une à une, en emportant le calme du lac.

Pause 10 secondes

Et quand tu le sentiras juste, sans te presser, tu pourras commencer à revenir. Je vais compter de un à cinq, et à chaque nombre, un peu plus de présence peut revenir avec toi.

Un… la respiration s'approfondit d'elle-même, comme après une longue nage.

Deux… tu retrouves le poids du corps, le contact du sol, du siège ou du lit.

Trois… les doigts peuvent bouger un peu, les orteils aussi, comme on s'étire au matin.

Quatre… les sons de la pièce reviennent, familiers, rassurants.

Cinq… et quand tu le souhaites, tes yeux peuvent s'ouvrir. Tu es là, présent, en gardant en toi ce qui mérite d'être gardé.

Fin

Prends le temps de revenir complètement avant de te lever. Note le signe que tu as reçu, et s'il y a eu des moments de torpeur ou de grande clarté.

Fiches pratiques

Quand le pilote s'accroche.

Cinq outils à garder sous la main, avant, pendant ou après les séances.

Vider le pilote avant la séanceRobert Bruce · 10 minutes d'écriture

Robert Bruce conseille une chose très simple avant de méditer : écrire pendant dix minutes, sans s'arrêter, tout ce qui occupe l'esprit. Les courses, les soucis, la conversation de la veille, les projets. Sans chercher à bien écrire, sans relire.

Le pilote se sent entendu : ce qu'il craignait d'oublier est noté. Il accepte alors beaucoup plus facilement de s'asseoir. Tu peux jeter la feuille ensuite, ou la garder.

Où en suis-je ?Robert Bruce, Tenzin Wangyal · les repères de la transe

Inutile de parler d'ondes cérébrales : ton corps te dit où tu en es. Robert Bruce distingue trois profondeurs, et Tenzin Wangyal Rinpoché un piège.

  • La transe légère : paupières lourdes, corps lourd ou très léger, images qui passent sans qu'on les appelle. Elle suffit pour la plupart des séances.
  • La transe pleine : une vague de lourdeur avec une légère sensation de chute ; la pièce paraît plus grande, plus épaisse ; les sons sont étouffés, comme derrière une vitre. Le corps dort, l'esprit veille.
  • La transe profonde : froid, chute qui ne s'arrête pas. Pour en remonter, bouger progressivement, d'abord un gros orteil ; on peut aussi simplement s'endormir.
  • La torpeur : tout devient flou, mou, on perd le fil sans s'en apercevoir. Ce n'est pas une transe profonde : c'est le cavalier qui s'endort. Ouvre un peu l'attention, assieds-toi plus droit, ou pratique à un autre moment.

Si tu t'endors souvent, frotte le bout de tes doigts l'un contre l'autre pendant la descente, ou pratique assis dans un fauteuil, la tête à son point d'équilibre.

Pensées en boucleRobert Bruce · quatre étapes

Une ritournelle, un souci qui revient, une conversation qu'on rejoue sans fin. Bruce propose quatre étapes, à essayer dans l'ordre :

  1. Faire le blanc, fermement mais sans colère : remarquer la boucle, et poser le silence à sa place, plusieurs fois s'il le faut.
  2. Remplacer la boucle par une autre, choisie : une comptine, une chanson simple, chantée intérieurement, ou même à voix haute.
  3. Multiplier les remplacements : passer d'une chanson à une autre, jusqu'à ce que la boucle d'origine perde sa prise.
  4. Refaire le blanc. En dernier recours, une musique douce au casque.

Si des pensées obsédantes persistent en dehors de la pratique et gênent la vie quotidienne, c'est le signe qu'il faut en parler à un médecin.

La peur de perdre le contrôleStanislav Grof, Gay Hendricks · le pilote a peur, et c'est normal

Quand on commence à lâcher, une peur monte souvent : et si je ne revenais pas ? Et si je faisais ou disais n'importe quoi ? Et si quelque chose prenait le dessus ? C'est le pilote qui fait son travail : il protège. On peut le rassurer.

  • Ce qui traverse une séance reste une image. Stanislav Grof, qui dit avoir accompagné avec Christina Grof plus de 35 000 séances de respiration, l'expliquait à ceux qui avaient cette peur : ce qui se présente dans un cadre sûr ne se réalise pas. Et tu peux toujours ouvrir les yeux, bouger, revenir.
  • Lâcher rend plus libre, pas moins. Pour Grof, laisser passer ce qui monte, dans un cadre sûr, rend même plus maître de soi ensuite. Ce qui était retenu ne pousse plus de l'intérieur.
  • Vouloir lâcher de toutes ses forces, c'est encore tenir. Grof le résume ainsi : essayer très fort de lâcher prise est une contradiction. On ne lâche pas en forçant ; on laisse le corps le faire, comme dans « La grande détente ».
  • La peur, c'est de l'excitation sans le souffle. Gay Hendricks reprend cette phrase du psychothérapeute Fritz Perls. Quand la peur monte, respire lentement dans le ventre : très souvent, l'anxiété se change en une énergie plus vive, presque de l'excitation.
  • Adoucir le ventre. Hendricks raconte une nuit, sur son canapé, où il a remarqué qu'il serrait le ventre contre la peur. Il l'a adouci, a respiré, et a laissé la peur être là. Elle est devenue un miroitement, puis une aisance douce.

Si la peur reste trop forte, ouvre les yeux, pose les pieds au sol, nomme ce que tu vois autour de toi. Tu peux aussi écouter « L'atterrissage », dans les repères. Et si cette peur te suit dans la vie de tous les jours, parles-en à un professionnel.

Le signeRetrouver l'état en un instant

À la fin du « Grand calme », tu rapportes un signe : une image, une couleur, un mot, une sensation. C'est un raccourci. Dans la journée, au feu rouge, dans une file d'attente, avant une réunion, rappelle-toi ce signe et respire une fois lentement. Le corps se souvient du lac.

Plus tu l'utilises, plus il marche : c'est le principe de l'ancrage, bien connu en hypnose. Note dans ton carnet les moments où tu l'as utilisé, et ce qu'il a changé.

Questions fréquentes

Quand le pilote résiste.

Résister, c'est son métier. Voici les situations les plus courantes.

Je n'arrête pas de penser

C'est exactement ce qu'on vient observer. Le but n'est pas d'arrêter les pensées, mais de remarquer qui les produit, puis de relâcher. Chaque retour compte comme une répétition réussie. Si une pensée tourne en boucle, la fiche « Pensées en boucle » propose quatre étapes.

Le silence me paraît bizarre, presque inquiétant

C'est très fréquent au début, et Robert Bruce le décrit comme un passage normal : un vide inhabituel, parce qu'on n'a pas l'habitude d'être sans commentaire intérieur. Il devient vite familier, puis reposant.

Je m'endors pendant la séance

Ça arrive, surtout au début ou en cas de fatigue. Essaie assis dans un fauteuil, la tête à son point d'équilibre, ou à un autre moment de la journée. Si tu t'endors souvent, ton corps réclame peut-être du repos : écoute-le.

Je ne vois rien quand on me parle d'image

Ce n'est pas nécessaire. Sentir suffit, et penser suffit. William Buhlman et Robert Bruce le répètent : beaucoup de gens ne « voient » rien, et vivent pourtant des états profonds.

Rien ne vient

Le rien est une expérience aussi. Souvent, il cache un pilote très discret qui attend quelque chose de précis : c'est le poing dans le bocal. Lâche l'attente elle-même, et note simplement : « rien, et calme ».

La réponse à ma question n'a aucun sens

Ne l'analyse pas tout de suite. Écris-la telle quelle, ou dessine-la. Jung laissait souvent passer des jours avant de chercher le sens : il apparaît parfois en relisant son carnet.

Je ressens des émotions fortes

Elles peuvent remonter quand le contrôle se relâche. Ouvre les yeux, pose les pieds au sol, respire. Si elles sont trop intenses ou reviennent souvent, fais une pause et parles-en à un professionnel.

Je ne me sens pas complètement revenu

Reste assis quelques minutes, bouge les mains et les pieds, bois un verre d'eau, regarde autour de toi en nommant ce que tu vois. Ne prends pas le volant tout de suite.

Le bilan des quatre semaines

Relire son carnet, sans juger.

  • Est-ce que je reconnais plus vite le pilote, parfois même avant les mots ?
  • Quand je lâche consciemment, qu'est-ce que je cessais de contrôler ? Et la grande détente, qu'a-t-elle changé ?
  • Jusqu'où suis-je descendu avec la plume, et à quels signes l'ai-je reconnu ?
  • Qu'est-ce qui est venu quand j'ai posé ma question ? Un dialogue s'est-il engagé ?
  • Où ma main serrait-elle, et qu'est-ce qui a changé en l'ouvrant ?
  • Le signe du grand calme m'aide-t-il dans la journée ?
  • Quel programme ai-je envie d'explorer ensuite ?
Le carnet

Ce que le pilote a fait, ce qui est venu.

Sur papier ou sur téléphone. C'est cette trace honnête qui transforme des impressions en expérience.

  • La date et la séance
  • Quand le pilote est revenu, et si j'ai senti la pression avant les mots
  • La profondeur atteinte : légère, pleine, profonde, ou torpeur
  • Ce qui est venu quand il s'est posé
  • L'état avant et après, de 1 à 5

Ton carnet de bord, la base de l'exploration

C'est lui qui transforme une suite de séances en vraie recherche intérieure. Séance après séance, tu notes ce qui se passe, et tu vois apparaître ce qui revient, ce qui change, ce qui marche pour toi. Sans trace, la mémoire arrange et oublie. Avec, tu gardes les résultats de ton aventure, et tu peux les relire dans un mois comme dans un an.

Toutes les séances du programme, avec les cases à cocher et les champs à remplir. Deux formats au choix : pour tes notes (Notes sur iPhone, Keep sur Android, n'importe quel éditeur), ou à imprimer en PDF, pour écrire au stylo.

Ton carnet de bord

Indique ton email : le téléchargement se lance tout de suite, et tu reçois aussi le carnet dans ta boîte mail pour le retrouver quand tu veux.

Quel format ?

Le vrai · les sources

Sur quoi s'appuie ce programme.

Ce programme n'a pas encore été évalué en tant que tel : il s'appuie sur ce que l'imagerie cérébrale a montré de l'hypnose et des états d'absorption, sur une méthode établie de la psychologie des profondeurs, et sur l'expérience de praticiens.

Université Stanford · 2016

Ce que fait la transe dans le cerveau

Heidi Jiang, David Spiegel et collègues, revue Cerebral Cortex

Ce qui a été fait
57 personnes ont été observées en IRM fonctionnelle au repos, en train de se souvenir, et pendant deux expériences hypnotiques guidées par un enregistrement.
Résultat
Pendant la transe : moins d'activité dans la zone qui surveille les distractions et les erreurs (le cortex cingulaire antérieur dorsal), plus de lien entre le cortex préfrontal et l'insula, qui perçoit le corps, et moins de lien entre ce cortex préfrontal et le réseau des pensées sur soi. Autrement dit : le pilote se relâche et l'absorption grandit.
Limite
Effets les plus nets chez les personnes très hypnotisables ; on ne sait pas encore à quel point la capacité se développe avec l'entraînement.

Stanford Medicine · Résumé de l'étude

Université libre de Berlin · 2021

L'absorption, une porte vers les états modifiés

Marie Therese Bartossek, Johanna Kemmerer, Timo Torsten Schmidt, revue PLoS ONE

Ce qui a été fait
24 participants ont vécu des états modifiés induits sans substance, puis ont décrit leur expérience avec des questionnaires validés ; leurs traits de personnalité ont été mesurés.
Résultat
Plus la capacité d'absorption d'une personne était élevée, c'est-à-dire sa facilité à se laisser happer par une expérience, plus les modifications de conscience étaient intenses. C'est cette capacité que le programme exerce.
Limite
Petit échantillon ; l'étude porte sur la stimulation lumineuse, pas sur l'hypnose.

Refubium, Freie Universität Berlin

Carl Gustav Jung · XXe siècle

L'imagination active

Pratique développée par Jung et consignée dans le Livre rouge

Ce qui a été fait
Laisser les images spontanées de l'inconscient se déployer sans les juger, entrer en dialogue avec elles, puis leur donner une forme par l'écriture ou le dessin. La séance « Laisser répondre » en reprend les deux temps.
Résultat
Méthode centrale de la psychologie analytique depuis un siècle, transmise et pratiquée par de nombreux thérapeutes.
Limite
Pratique établie mais peu mesurée par des études contrôlées.

Les ouvrages · des praticiens

Les autres sources du programme

Robert Bruce, Astral Dynamics et Energy Work · Gay Hendricks, Conscious Breathing et The Genius Zone · Stanislav et Christina Grof, Holotropic Breathwork · William Buhlman, Adventures Beyond the Body · Michael Raduga, The Phase · Sylvan Muldoon, La Projection du corps astral · Tenzin Wangyal Rinpoché, Les Yogas tibétains du rêve et du sommeil

Ce qui a été fait
Bruce apporte la descente ressentie, la pression de pensée et les repères de la transe ; Buhlman, la préparation du liquide blanc ; Raduga et Muldoon, l'intention sans prise ; Tenzin Wangyal, la différence entre présence et torpeur ; Hendricks, la détente par le corps et le lâcher conscient ; Grof, la peur de perdre le contrôle.
Résultat
Des méthodes éprouvées par des années de pratique et d'enseignement.
Limite
Des témoignages de praticiens, pas des études contrôlées.

Ce qui reste ouvert

Personne n'a encore mesuré ce programme tel qu'il est proposé ici, ni ce que chacun rencontre quand le pilote se pose. Les carnets de celles et ceux qui le suivent en seront la première trace.