L'ouverture
Une musique fluide et encourageante, pour entrer dans le souffle.
Respirer un peu plus vite et un peu plus profond, sans pause, porté par la musique, et laisser une intelligence intérieure faire le reste. D'après Stanislav et Christina Grof, avec le souffle relié de Leonard Orr, la progression douce de Gay Hendricks et la physiologie expliquée par James Nestor. Six semaines pour apprendre, jusqu'à une traversée à deux.

Grof résume sa méthode en une phrase : respirer un peu plus vite et un peu plus profond que d'habitude, en reliant l'inspiration et l'expiration, avec une pleine attention à ce qui se passe en soi. Le reste, la musique et le guérisseur intérieur s'en chargent. Ce programme y mène pas à pas : d'abord sentir son souffle, puis le relier par vagues courtes, puis le laisser porter par la musique, de plus en plus longtemps.
Ce que dit la recherche : en 2025, des équipes de Francfort et de Berlin ont mesuré, pendant des séances de respiration circulaire, que plus le gaz carbonique baisse, plus l'expérience est profonde, et que le bien-être augmentait une semaine après. Des résultats encourageants, encore obtenus sur de petits groupes de pratiquants expérimentés.
Les programmes s'adressent aux adultes. Les précautions communes, la séance « L'atterrissage » pour redescendre et où trouver de l'aide : les repères.
Pour Grof, la musique est une onde porteuse : elle soutient le souffle, elle aide à traverser les passages où l'on voudrait s'arrêter. Il a remarqué qu'une séance suit d'elle-même une courbe, comme une vague : elle monte, culmine, puis redescend, même si l'on continue à respirer. La musique épouse cette courbe.
Une musique fluide et encourageante, pour entrer dans le souffle.
Des rythmes de plus en plus intenses, des tambours, qui donnent de l'élan.
Une musique ample, orchestrale, sacrée, au sommet de la vague.
Une musique émouvante et chaleureuse, quand l'intensité décroît.
Une musique apaisante, hors du temps, pour se poser.
Un casque ou des enceintes, assez fort pour être porté, sans fatiguer l'oreille. Sans paroles dans une langue qu'on comprend : elles orienteraient l'expérience.
Leonard Orr conseillait une dizaine de séances accompagnées avant de pratiquer seul ; Gay Hendricks, de toujours commencer par des vagues courtes. Ce programme reprend cette prudence à sa façon : la durée du souffle relié augmente doucement, et la séance la plus longue se fait à deux.
Sentir avant de changer. Le souffle tel qu'il est, le diaphragme, la vague du ventre à la poitrine.
Enlever les pauses. Tirer l'inspiration, laisser tomber l'expiration, par vagues de 12 puis de 21 respirations.
Quinze minutes de souffle relié. Picotements, émotions, crispations : apprendre à les traverser, ou à ralentir.
La première vague en musique. Une demi-heure de musique en cinq temps, une vingtaine de minutes de souffle relié.
Une demi-heure de souffle relié. Quarante minutes de musique : la séance de Grof, adaptée pour une pratique seul.
Respirer, accompagné. La préparation ensemble, la séance longue, le mandala, le partage.
L'atterrissage et l'accueil. Deux séances pour redescendre, intégrer, écrire.
Une grande séance de temps en temps. Seul ou à deux, en alternant les rôles. Et pour la méthode complète, un atelier avec des facilitateurs formés.
Les enregistrements arrivent bientôt, avec leur musique. En attendant, lis le texte pour te familiariser avec chaque séance. Les séances en musique ne se pratiquent qu'avec l'enregistrement.
Les repères de sécurité, ce que fait le corps, la carte de Grof, l'accompagnant, l'intégration, les difficultés, et d'où vient cette pratique.
La respiration holotropique est l'outil le plus puissant de ce site. Chez une personne en bonne santé qui respecte quelques repères simples, elle est en général bien tolérée. Ils viennent de Stanislav Grof, qui a accompagné des dizaines de milliers de séances, complétés par ce que l'on sait aujourd'hui de la respiration rapide.
Demande d'abord l'avis de ton médecin si l'une de ces situations te concerne :
Ce programme est réservé aux adultes. Toujours : allongé, jamais debout, jamais dans l'eau ni dans le bain, jamais en conduisant. Pas d'alcool ni de substance avant. Pas de conduite dans l'heure qui suit une séance longue. Et, à partir de la semaine 4, une seule séance en musique par semaine au plus.
Si tu as un doute, commence par « Le cœur en cohérence » ou par « Habiter son souffle », qui ne change pas le rythme, et pose la question à ton médecin avant d'aller plus loin.
Sur les mains qui se crispent, deux regards se complètent. Les manuels de médecine y voient un « syndrome d'hyperventilation ». Grof, lui, a observé dans ses ateliers que ces tensions montent, culminent, puis se dénouent si l'on continue à respirer, et qu'elles diminuent de séance en séance. Seul chez toi, tu as donc deux chemins, tous les deux justes : continuer en adoucissant l'expiration, ou ralentir, revenir au nez, respirer un peu moins. Tu restes toujours aux commandes.
Psychiatre, Stanislav Grof a passé plus de soixante ans à étudier les états de conscience inhabituels, d'abord à Prague, puis aux États-Unis, notamment à Esalen, en Californie, où il a créé cette méthode avec sa femme Christina au milieu des années 1970. Il en a tiré une idée centrale : en chacun de nous, une intelligence sait ce qui est prêt à se montrer. Il l'appelle le guérisseur intérieur. On ne la dirige pas, on lui laisse la place.
Pour se repérer dans ce qui peut venir, il propose une carte en trois territoires :
Nous présentons cette carte comme une grille de lecture parmi d'autres, pas comme une vérité. Et nous n'annonçons jamais ce que tu vas vivre : on sait que le cadre qu'on donne façonne l'expérience. Une séance peut aussi être simplement calme et lumineuse, sans rien de tout cela. Grof prévenait toujours ses participants : ce n'est pas un échec.
Les Grof ont fait une découverte rassurante : des personnes sans aucune expérience font souvent d'excellents accompagnants. Il suffit d'être vraiment là.
Si toi-même tu es touché par ce que tu vois, c'est normal. Respire, reste présent, et parle-en après, avec quelqu'un d'autre que celui que tu accompagnes.
Pour Grof, une séance vaut moins par ce qu'elle fait remonter que par la qualité de son retour et de son intégration. Quelques gestes simples aident :
Demande de l'aide si dans les jours qui suivent une angoisse forte, un sommeil très perturbé, une impression d'irréalité ou des idées noires s'installent. En France, le 3114 répond jour et nuit en cas de détresse psychique ou d'idées suicidaires, et le 15 en cas d'urgence médicale, ou le 112 dans toute l'Union européenne.
Le souffle a toujours servi à changer d'état : chants, tambours, danses, yoga, méditation. Au XXe siècle, des psychothérapeutes du corps, comme Wilhelm Reich puis Alexander Lowen, découvrent que le souffle libère des émotions retenues.
Ce que nous sommes, et ne sommes pas. « Holotropic Breathwork » est une marque déposée, réservée aux praticiens formés et certifiés. Ce programme s'en inspire librement, en citant ses sources : il n'est ni affilié ni approuvé, et ne remplace pas un atelier avec des facilitateurs formés, que nous te recommandons si tu veux vivre la méthode complète. Ce n'est pas non plus une thérapie.
Les questions qui reviennent le plus souvent.
Grof ne l'impose pas. Fanny Van Laere et Leonard Orr conseillent le nez pour les premières séances. La bouche entrouverte reste possible quand le souffle s'amplifie. Les deux premières semaines se font par le nez, ensuite tu fais comme ça vient.
Grof ne donne pas de chiffre, et c'est voulu. Pour apprendre, la semaine 2 reprend le rythme de Gay Hendricks, environ trois secondes pour inspirer et trois pour expirer. Ensuite, un peu plus vite et un peu plus profond que d'habitude, relié, puis ton propre rythme. Grof le répète : la qualité de la présence compte plus que la vitesse. Si les sensations deviennent désagréables, tu ralentis.
Non, c'est un effet connu de la respiration rapide, chez une personne en bonne santé. Il passe en quelques minutes quand on ralentit. Grof observe qu'il se dénoue aussi souvent si l'on continue, en adoucissant l'expiration. Les deux chemins sont justes (fiche « Ce que le corps fait »).
Non. C'est un vieux réflexe, qui peut augmenter l'angoisse. Il suffit de ralentir, de fermer la bouche, de respirer par le nez avec une expiration longue. La séance « L'atterrissage » te guide.
Les séances des semaines 1 à 5 sont faites pour ça, avec les précautions des fiches. La séance longue se fait à deux. Grof lui-même ne propose pas sa méthode en solo : si tu veux la vivre complète, un atelier avec des facilitateurs formés est l'idéal.
Avec quelqu'un de confiance, calme, qui a lu la fiche « L'accompagnant ». Pour une première fois, Grof déconseille de choisir son conjoint ou un proche très intime : il est plus difficile de se laisser aller, et de voir souffrir quelqu'un qu'on aime.
C'est très fréquent, et ce n'est pas un échec. Une séance calme, un repos profond, une lumière douce sont aussi des expériences. Chaque séance est différente : la suivante le sera sans doute.
Peut-être pas, et ce n'est pas un but. Grof a observé de telles expériences, mais nous n'annonçons aucun contenu : ce qui vient est ce qui est prêt à venir pour toi, ou rien du tout. Et ce qui surgit n'est pas forcément un souvenir exact : c'est une expérience à accueillir, pas un fait à prouver.
Mieux vaut la journée ou le début de soirée : une séance de souffle relié réveille souvent. Le soir, « Habiter son souffle » ou « Le cœur en cohérence » conviennent mieux. Les rêves des nuits suivantes prolongent souvent la séance : note-les.
Sur papier ou sur téléphone. C'est cette trace honnête qui transforme des impressions en expérience.
C'est lui qui transforme une suite de séances en vraie recherche intérieure. Séance après séance, tu notes ce qui se passe, et tu vois apparaître ce qui revient, ce qui change, ce qui marche pour toi. Sans trace, la mémoire arrange et oublie. Avec, tu gardes les résultats de ton aventure, et tu peux les relire dans un mois comme dans un an.
Toutes les séances du programme, avec les cases à cocher et les champs à remplir. Deux formats au choix : pour tes notes (Notes sur iPhone, Keep sur Android, n'importe quel éditeur), ou à imprimer en PDF, pour écrire au stylo.
La recherche sur la respiration circulaire est récente et encore modeste : de petits groupes, souvent de pratiquants expérimentés. Elle suggère pourtant deux choses : le lien entre la baisse du gaz carbonique et la profondeur de l'expérience, et des effets positifs à court terme sur le bien-être.
Martha Havenith (Ernst Strüngmann Institute), Max Leidenberger, Jelena Brasanac et coll. (MIND Foundation, Charité), dont Robin Carhart-Harris, revue Communications Psychology
Guy Fincham, Alessandro Colasanti et coll., revue Frontiers in Psychology
Guy Fincham, Clara Strauss, Jesus Montero-Marin, Kate Cavanagh, revue Scientific Reports
Sarah Holmes, Robin Morris, Pauline Rose Clance, Thompson Putney, revue Psychotherapy
Stanislav et Christina Grof, Holotropic Breathwork (2010) ; Leonard Orr et Sondra Ray, Rebirthing in the New Age (1977) ; Fanny Van Laere et Leonard Orr, Manual for Rebirthers (2011) ; Gay Hendricks, Conscious Breathing (1995) ; James Nestor, Breath (2020) ; la revue The Healing Breath (2005 : Catherine Dowling, Joy Manné, la méthode d'Ilse Middendorf) ; Paul Heelas, The New Age Movement (1996)
On ne sait pas encore ce que donne la respiration holotropique pratiquée chez soi, par des débutants, avec un enregistrement. Les carnets et les mandalas en seront la première trace.