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Programme · Méditation d'absorption

Les paliers de l'absorption.

Il existe, au fond de l'attention, des états de joie, de bonheur, de paix, puis d'espace et de conscience sans limites, qui ne dépendent de rien d'extérieur. Les traditions les appellent jhānas. Ce programme suit la méthode de Leigh Brasington, enseignant laïc, éclairée par Ajahn Brahm, moine de la tradition thaïe, et ce que la recherche commence à en mesurer.

8paliers
30 à 60minutes
10séances
6fiches pratiques
Lac rose au crépuscule entre des rochers
La pratique

Poser l'attention, puis regarder.

Toute la méthode tient en deux gestes : stabiliser l'attention sur le souffle jusqu'à la concentration d'accès, puis la poser sur une sensation agréable et simplement la regarder, sans chercher à l'augmenter. Les paliers ne se font pas : on crée les conditions, et ils viennent te trouver.

Comment s'y prendre

  1. Pratiquer chaque jour, à heure fixe si possible, assis, le dos droit sans raideur. Brasington recommande au moins trois quarts d'heure par jour ; commence par ce que tu peux.
  2. Suivre une séance à la fois. Chacune repasse par les paliers connus avant d'ouvrir le suivant.
  3. Passer à la séance suivante non pas au bout d'une semaine, mais quand le palier présent vient assez facilement et tient une dizaine de minutes. Rester un mois sur une séance est normal.
  4. Ne jamais forcer. Le geste juste est l'intérêt, pas l'effort : on regarde la braise, on ne frotte pas les bâtons.
  5. Terminer par la petite relecture, puis noter dans le carnet ce qui est venu, et combien de temps.

Ce que dit la recherche : à Harvard, un méditant de plus de 23 000 heures de pratique a été suivi en IRM et en électroencéphalographie pendant ces états. Son cerveau y devenait moins cloisonné et plus connecté, son activité électrique plus complexe, et ces changements suivaient de près la félicité qu'il décrivait. Ce sont encore des études sur une seule personne.

Avant de commencer

  • Jamais en conduisant ni en faisant une activité qui demande de la vigilance, et pas juste avant de prendre le volant après les séances longues.
  • En cas d'épilepsie ou de tendance maniaque, Brasington lui-même déconseille de chercher la joie intense du premier palier : demande l'avis de ton médecin.
  • En cas de trouble bipolaire, d'épisode psychotique, de dissociation importante, de traumatisme récent ou de dépression sévère, parles-en à un professionnel avant de commencer, et ne modifie jamais un traitement.
  • Le souffle : quelques respirations conscientes et amples à l'ouverture, de grandes respirations aux transitions entre paliers, et pendant l'accès on le laisse se faire, parce que c'est ce qui rassemble l'attention (Brasington). S'il devient très fin, c'est normal ; s'il demande de l'air, une inspiration un peu plus ample, puis on le laisse.
  • Une attention très concentrée peut faire remonter des émotions ou des sensations inattendues. On ouvre les yeux, on pose les pieds au sol, on peut toujours arrêter (fiche « Quand la méditation remue »).
  • Tout le monde n'atteint pas tous les paliers, même en retraite. Le programme reste utile sans eux : du calme, une capacité de joie, une meilleure connaissance de son esprit.

Les programmes s'adressent aux adultes. Les précautions communes, la séance « L'atterrissage » pour redescendre et où trouver de l'aide : les repères.

Palier après palier

Deux parties, huit paliers.

Pas de calendrier : des repères. On passe à l'étape suivante quand la précédente vient assez facilement. La première partie demande souvent plusieurs mois de pratique quotidienne ; la seconde, davantage encore. C'est très bien ainsi.

Partie 1 · Les paliers de la joie

Séance 1 · 30 min

Se poser sur le souffle

La concentration d'accès. Le présent, le silence, puis le souffle au bord des narines. Tu passes à la suite quand l'attention repose plusieurs minutes sans s'échapper.

Séance 2 · 40 min

Le sourire intérieur

Trouver la porte. Une sensation agréable, dans les mains, au cœur ou dans le sourire, regardée sans rien faire d'autre.

Séance 3 · 45 min

La joie qui monte

Premier palier. Une joie vive dans le corps, pétillante. On reste immobile au bord de l'étang, sans la saisir.

Séance 4 · 45 min

Le bonheur tranquille

Deuxième palier. Une longue expiration, et le bonheur passe devant : calme, unifié, comme un lac nourri par une source.

Séance 5 · 50 min

Le contentement

Troisième palier. Le bonheur s'adoucit en contentement. Immobile, lucide, sans aucun souhait.

Séance 6 · 55 min

La paix immobile

Quatrième palier. Le visage se détend, le plaisir s'en va. Une descente, puis un calme neutre, le centre du cyclone.

Partie 2 · Les paliers sans forme

Séance 7 · 55 min

L'espace infini

Cinquième palier. Étendre ses limites jusqu'à l'horizon et au-delà, puis se poser sur l'espace sans bord.

Séance 8 · 55 min

La conscience infinie

Sixième palier. L'attention se retourne : de l'espace vers ce qui sait l'espace.

Séance 9 · 60 min

Le rien

Septième palier. Cette conscience ne contient rien. Une salle vide après la fête.

Séance 10 · 60 min

Ni perception ni non-perception

Huitième palier. Rester dans le rien, encore un peu, puis un repos qu'on ne peut pas décrire.

Séances guidées

Dix descentes, une seule source.

Les enregistrements arrivent bientôt. En attendant, lis le texte lentement, en respectant les silences : ce sont eux qui font la séance.

Voiles soyeux, gris bleuté et lumière douce
Séance 1 · 30 min · Brasington, Ajahn Brahm

Se poser sur le souffle

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, le dos droit sans raideur, sur une chaise, un coussin ou un banc : confortable assez pour ne pas avoir mal, droit assez pour ne pas t'endormir. Environ 30 minutes. Reste sur cette séance tant que l'attention ne peut pas reposer quelques minutes sur le souffle sans s'échapper : une semaine, ou un mois, c'est normal.

D'après Leigh Brasington (Right Concentration) pour l'attention au souffle, et Ajahn Brahm (Mindfulness, Bliss, and Beyond) pour les étapes qui la préparent : le présent, puis le silence, puis le souffle.

Tu peux t'installer. Le dos qui se tient seul, comme une tige qui pousse vers la lumière. Les épaules qui se posent. Les mains qui trouvent leur place : sur les cuisses, ou l'une dans l'autre, les pouces qui se touchent à peine.

Pause 10 secondes

Si tu dois bouger pendant la séance, tu peux bouger. Simplement en le sachant : remarquer l'envie, bouger, puis sentir l'esprit revenir au calme.

Pause 5 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Ajahn Brahm, un moine anglais qui enseigne depuis plus de trente ans en Australie, conseille de ne pas commencer par le souffle. D'abord, se poser dans le présent. Le passé peut attendre. Le futur aussi. Pour ces quelques minutes, tu n'as pas d'histoire, pas de projets. Seulement ce moment-ci.

Pause 10 secondes

Ce qui arrive maintenant, un son, une sensation, une pensée, tu peux le laisser arriver et s'enfoncer, comme dans un mur capitonné, sans rebondir.

Pause 2 minutes · le présent

Puis, le silence. Pas le silence de la pièce : celui de la voix intérieure. Brahm compare ce commentaire permanent à un commentateur sportif : tu peux regarder le match sans écouter le commentaire. Les choses arrivent… et tu ne les nommes pas. Tu les accueilles comme un hôte salue chaque invité à la porte, sans entamer la conversation.

Pause 15 secondes

Remarque peut-être l'espace entre deux pensées. Un petit silence. Tu peux t'y familiariser, sans en parler. Brahm dit que le silence est timide : il s'en va dès qu'on parle de lui.

Pause 2 minutes · le silence intérieur

Maintenant, le souffle. Leigh Brasington, qui enseigne ces paliers depuis près de trente ans, propose de le sentir au bord des narines, ou sur la lèvre supérieure : là où l'air entre un peu plus frais et ressort un peu plus tiède. C'est un point minuscule, et c'est justement ce qui rassemble l'attention. Si c'est vraiment difficile, le ventre convient aussi.

Pause 15 secondes

À partir d'ici, tu laisses le souffle se faire. C'est le cœur de la méthode : un souffle qu'on pilote occupe l'attention, un souffle qu'on regarde la rassemble. Brahm dit qu'il faut être passager de la voiture, pas conducteur, et surtout pas celui qui donne des conseils depuis la banquette arrière. Le corps respire tout seul. Tu le regardes faire.

Pause 30 secondes

Et comme le conseille Ajahn Brahm, tu peux confier la consigne à une part de toi qui veillera seule, comme un gardien à la porte : « seul le souffle est invité ». Une fois… deux fois… trois fois. Puis tu la laisses faire son travail.

Pause 10 secondes

Pour aider l'attention, Brasington propose de compter. Pas pendant le souffle : dans le petit creux qui suit l'expiration, juste avant que l'inspiration revienne. Tu poses un nombre dans ce creux. Un… puis au creux suivant, deux… jusqu'à huit, pas plus. Puis tu reprends à un.

Pause 15 secondes

Et si tu te perds, et tu te perdras, ce n'est rien. Brasington le dit avec force : te rendre compte que tu t'es égaré, c'est une réussite, pas un échec. Alors tu fais trois choses. Tu nommes d'un mot ce qui t'a emporté : « projet », « souvenir », « bruit ». Le premier mot qui vient est le bon. Puis, et c'est le plus important, tu te détends un peu, volontairement. Puis tu reviens à un.

Pause 1 minute 30 · compter dans le creux, de un à huit

Nommer… se détendre… revenir. C'est tout l'entraînement. Chaque retour est une répétition, comme un muscle qui se forme.

Pause 2 minutes

Quand tu arrives à huit plusieurs fois de suite sans te perdre, tu peux laisser les nombres partir. Il te semblera peut-être reculer un peu : c'est normal. Il reste seulement le souffle, et ton attention posée dessus, comme un oiseau posé sur une branche. Elle n'a plus besoin de s'agripper.

Pause 2 minutes

Remarque peut-être que le souffle devient plus fin. Plus léger. Parfois si léger qu'il semble presque s'arrêter. Ce n'est pas le moment de prendre une grande inspiration : le corps a besoin de très peu d'air quand il est calme. Et si le corps demande un peu plus d'air, laisse-le prendre une inspiration un peu plus ample, puis tout reprend tout seul.

Pause 1 minute

Il arrive aussi que des lumières ou des couleurs passent derrière les paupières. Brasington les compare au panneau à l'entrée d'une ville : il te dit que tu arrives, mais tu ne t'arrêtes pas pour le décrocher. Tu restes avec le souffle.

Pause 1 minute

Les pensées, à présent, sont peut-être plus lointaines. Comme une conversation dans une pièce voisine. Tu connais chaque inspiration et chaque expiration, et les pensées restent à l'arrière-plan sans t'emporter. C'est ce que Brasington appelle la concentration d'accès : le seuil de tous les paliers. Il n'y a pas besoin d'aller plus loin aujourd'hui. Seulement rester là, et goûter ce repos.

Pause 4 minutes · rester dans l'accès

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : combien de temps, à peu près, l'attention a pu rester sans s'échapper, et ce qui t'emportait le plus souvent (tu peux lui donner un nom drôle, Brasington le conseille). Passe à « Le sourire intérieur » quand tu peux rester plusieurs minutes avec le souffle, les pensées à l'arrière-plan.

Visage apaisé d'une statue de Bouddha
Séance 2 · 40 min · Brasington, Ajahn Brahm

Le sourire intérieur

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 35 minutes. Commence quand « Se poser sur le souffle » te mène assez régulièrement à l'accès. D'après Leigh Brasington pour la sensation agréable, et Ajahn Brahm pour le « beau souffle » et la permission d'être bien.

Tu peux t'installer, comme tu commences à en avoir l'habitude. Le dos qui se tient seul. Les mains l'une dans l'autre, les pouces qui se touchent à peine. Les yeux qui se ferment.

Pause 10 secondes

Et dès maintenant, tu peux laisser venir un tout petit sourire sur ton visage. Brasington le propose dès le début de la séance, à la manière des statues qui sourient doucement. Même s'il te semble un peu forcé pour l'instant, ce n'est pas grave : il deviendra vrai en chemin.

Pause 15 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Puis le présent. Rien d'autre que ce moment.

Pause 1 minute

Puis le silence intérieur. Le match, sans le commentateur.

Pause 1 minute

Puis le souffle, au bord des narines. Tu peux compter dans le creux, de un à huit, aussi longtemps qu'il le faut. Nommer… se détendre… revenir.

Pause 3 minutes · le souffle, avec le compte

Quand le compte n'est plus nécessaire, tu peux le laisser partir. Le souffle. Seulement le souffle.

Pause 3 minutes

Brasington insiste sur un point : rester dans cet accès assez longtemps avant d'aller plus loin. Cinq minutes au moins, plus si tu peux. C'est l'erreur la plus fréquente : partir trop tôt. Alors reste. Le souffle qui passe. Les pensées au loin.

Pause 3 minutes · tenir l'accès

Il existe une vieille histoire. Un homme cherchait le feu. Il frottait deux bâtons l'un contre l'autre, de plus en plus fort, de plus en plus vite, et rien ne venait. Une vieille femme lui dit : « Le feu ne vient pas de la force. Il vient de la braise. Quand tu vois une petite lueur, cesse de frotter. Penche-toi. Et regarde-la. »

Pause 10 secondes

Maintenant, tu vas chercher une braise : une sensation agréable, quelque part dans le corps. Le plus souvent, dit Brasington, elle est dans les mains, là où les pouces se touchent : un picotement, une chaleur, une douceur. Parfois au milieu de la poitrine. Parfois dans le visage, à cause du sourire. Parfois ailleurs : à peu près n'importe où.

Pause 30 secondes

Quand tu l'as trouvée, tu lâches le souffle. Complètement. Brasington a une image pour cela : quand tu rentres chez toi, tu poses la clé, tu ne fais pas la cuisine la clé à la main. Le souffle t'a ouvert la porte. Tu peux le poser.

Pause 15 secondes

Et voici toute la méthode, et elle tient en peu de mots : tu poses ton attention sur ce qui est agréable dans cette sensation agréable… et tu ne fais rien d'autre.

Pause 15 secondes

Pas où elle est. Pas sa taille. Pas ce qu'elle va devenir. Seulement sa qualité agréable. Et tu ne fais rien d'autre. Tu ne la commentes pas. Tu ne l'aides pas à grandir. Brasington le dit avec humour : c'est la partie vraiment difficile. Devenir un être humain, pas un « faire » humain.

Pause 1 minute

Il compare ce qui peut se passer à un caillou de plaisir lancé dans un bassin très calme. Les rides s'élargissent, et se renforcent, tant que personne ne remue l'eau. Tu n'as qu'à laisser l'eau tranquille.

Pause 2 minutes

Si la sensation s'efface, ou si l'esprit part souvent, ce n'est pas un échec. C'est seulement que l'accès n'était pas encore assez stable. Tu peux revenir au souffle quelques minutes, puis chercher de nouveau la braise.

Pause 1 minute 30

Et si aucune sensation agréable ne se présente, il y a d'autres braises. La bienveillance : quelques instants à te souhaiter du bien, et sentir si une chaleur apparaît au milieu de la poitrine. Ajahn Brahm propose de dire au souffle, comme à un vieil ami : « la porte de mon cœur t'est ouverte ». Ou la gratitude. Ou un souvenir heureux, pris au hasard, dont tu gardes le sentiment sans suivre l'histoire. Ou le souffle lui-même, qui peut devenir doux, lisse, beau, comme un tissu rêche qui deviendrait de la soie. Brahm appelle cela le beau souffle.

Pause 2 minutes

Brahm fait une distinction précieuse. Il y a le plaisir qu'on attise, qui fatigue vite. Il y a la petite fierté de « réussir », qui réveille le contrôleur. Et il y a le bonheur qui naît du lâcher-prise, frais, tranquille. C'est celui-là que tu laisses grandir, en ne faisant rien.

Pause 1 minute

Et si une petite voix dit que tu ne mérites pas d'être aussi bien, tu peux sourire d'elle aussi. Tu as le droit d'être heureux ici. Brahm le répète à ses élèves : vous le méritez.

Pause 2 minutes · la braise, regardée, sans rien faire

Peut-être que la sensation reste petite. Peut-être qu'elle s'étend, qu'elle change de place, de forme. Tout cela est juste. Brasington observe que la croissance n'est jamais régulière : rien, un peu, un palier, encore un peu… puis parfois, sans prévenir, un envol. Tu n'as pas à le provoquer. Il te trouvera, s'il vient.

Pause 2 minutes

Une douceur à peine perceptible, c'est déjà la braise. Brahm compare cela à l'oreille qui apprend à aimer une musique subtile : plus tu regardes, plus tu vois.

Pause 2 minutes

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : quelle braise a le mieux marché (mains, poitrine, sourire, bienveillance, souvenir, souffle), et ce qu'elle a fait quand tu l'as regardée sans rien faire. Passe à « La joie qui monte » quand tu trouves une sensation agréable assez régulièrement et que tu peux rester avec elle plusieurs minutes.

Bulles de lumière dorée
Séance 3 · 45 min · Brasington, Ajahn Brahm

La joie qui monte

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 40 minutes. Le premier palier. Si la sensation agréable ne vient pas encore facilement, reste sur « Le sourire intérieur » : il n'y a aucune course. Contre-indication : en cas d'épilepsie, ou de tendance maniaque, Brasington lui-même déconseille de chercher cette joie intense ; demande l'avis de ton médecin. Évite de pratiquer juste avant de dormir.

D'après Leigh Brasington (la joie du premier palier, sa durée, le réglage du volume) et Ajahn Brahm (l'étang de la forêt, la peur et l'exaltation au seuil).

Tu peux t'installer. Le dos droit et souple. Le petit sourire. Les pouces qui se touchent.

Pause 10 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Le présent. Le silence. Puis le souffle au bord des narines, avec le compte dans le creux si tu en as besoin.

Pause 3 minutes

Le souffle, seul. Les pensées à l'arrière-plan. Tu restes dans l'accès, aussi longtemps que tu le peux. C'est lui qui fera tout le reste.

Pause 6 minutes · tenir l'accès

Puis la braise. Dans les mains, dans la poitrine, dans le sourire. Tu poses la clé du souffle. Et tu regardes ce qui est agréable dans l'agréable. Sans rien faire d'autre.

Pause 3 minutes

Il arrive un moment, parfois, où la braise prend. Brasington décrit une énergie qui monte, souvent le long du dos, une jubilation du corps : des picotements, des frissons, une chaleur, un balancement, parfois une envie de rire, ou des larmes. Les textes anciens l'appellent pīti. Elle peut être douce. Elle peut être très forte, comme une canette secouée qu'on ouvre. Le souffle peut devenir un peu saccadé. Tout cela est normal.

Pause 15 secondes

Si elle vient, tu n'as rien à faire de plus qu'avant. Rester. Regarder. Te laisser traverser. Tu ne la répartis pas dans le corps, tu ne la pousses pas. Le premier palier n'est pas calme : il pétille.

Pause 1 minute

Ajahn Brahm raconte une image que lui donnait son maître, Ajahn Chah. Au bord d'un étang dans la forêt, si l'on reste parfaitement immobile, les animaux sortent un à un pour boire. D'abord les plus communs. Puis les plus beaux. Puis des créatures que personne n'a jamais vues. Mais au moindre « oh ! », au moindre mouvement d'excitation, tous retournent dans la forêt. Alors, quand quelque chose de beau arrive, tu restes assis au bord de l'eau. Immobile.

Pause 2 minutes

Le piège, c'est de saisir. Vouloir qu'elle dure, qu'elle grandisse, qu'elle revienne. C'est l'enfant qui serre un papillon dans la main. Si tu remarques ce geste, tu peux ouvrir la main. Le papillon reste souvent plus longtemps sur une main ouverte.

Pause 2 minutes

Il se peut aussi qu'une peur passe : celle de perdre le contrôle. Brasington répond avec douceur : tu n'as jamais vraiment contrôlé tout cela ; tu ne perds que l'illusion du contrôle. Et tu peux toujours, à tout moment, ouvrir les yeux. Tu peux aussi y aller par étapes, comme un enfant qui entre dans la piscine : un orteil, puis un pied, puis le reste, quand il est prêt.

Pause 2 minutes

Brasington remarque que plus la joie est forte, moins on y reste : quelques dizaines de secondes si elle est intense, quelques minutes si elle est douce. Si elle devient presque désagréable, tu peux baisser un peu le volume, en lui donnant un peu moins d'attention. Ou passer au bonheur plus calme qui l'accompagne. Ou ouvrir les yeux, respirer, et revenir au souffle.

Pause 3 minutes

Et si elle vient et repart aussitôt, comme un yoyo, c'est très bon signe : Brahm dit que c'est la toute dernière case avant l'arrivée. Tu reviens simplement à la braise, plus calme encore.

Pause 2 minutes

Si la joie ne vient pas, ce n'est pas un échec. Tu entraînes exactement le même geste : poser l'attention sur ce qui est doux, et le laisser être. Brasington le répète : on ne fait pas ce palier. On crée les conditions, et il vient te trouver, un jour.

Pause 3 minutes

Si des lumières apparaissent, tu les laisses passer. Si des images ou des scènes se présentent, Brahm conseille de ne pas leur accorder d'importance : elles ne disent rien de vrai. Tu restes avec ce qui est agréable.

Pause 3 minutes

Et maintenant, avant de revenir, remarque d'où tout cela est venu. Pas de l'extérieur. Pas d'une substance, pas d'un événement. D'une attention posée, avec douceur, sur quelque chose d'agréable. Cette source est en toi.

Pause 30 secondes

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Si l'énergie ne retombe pas après la séance : une marche vive, un bain chaud, un repas, quelques minutes de bienveillance douce, et une bonne nuit suffisent en général. Dans ton carnet : la joie est-elle venue ? Où, avec quelle intensité de 1 à 5, combien de temps ? Passe à « Le bonheur tranquille » quand ce premier palier vient assez régulièrement.

Soleil doré qui scintille sur l'eau
Séance 4 · 45 min · Brasington, Ajahn Brahm

Le bonheur tranquille

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 45 minutes. Le deuxième palier. À pratiquer quand la joie du premier vient assez régulièrement. D'après Leigh Brasington (la transition par le souffle, le bonheur modéré) et Ajahn Brahm (la confiance qui permet de lâcher, le lac nourri par une source).

Tu peux t'installer. Le petit sourire. Et retrouver le chemin, dans l'ordre que tu connais : le présent, le silence, le souffle.

Pause 10 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Le souffle au bord des narines. Le compte dans le creux, si tu en as besoin.

Pause 3 minutes

Le souffle seul. L'accès. Tu restes ici longtemps : c'est de lui que vient la profondeur des paliers.

Pause 6 minutes · tenir l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable. Rien d'autre.

Pause 3 minutes

Et si la joie monte, tu la laisses monter, et tu restes avec elle un moment. La rivière de printemps, ses remous, ses éclats.

Pause 2 minutes · le premier palier

Maintenant, Brasington propose un geste très simple pour passer au palier suivant. Une inspiration un peu plus ample, douce, sans forcer… puis une longue expiration, complète, où tu relâches tout.

Pause 10 secondes

Remarque ce qui se passe. La joie énergique et le bonheur baissent tous les deux, mais la joie baisse bien davantage. Comme si elle passait au second plan, et que le bonheur passait devant. Tu poses alors ton attention sur ce bonheur.

Pause 30 secondes

Il existe un moment, quand une rivière arrive dans un lac, où l'eau qui courait se met à reposer. C'est toujours la même eau. Mais elle ne bondit plus. Les textes anciens comparent ce palier à un lac nourri par une source au fond, sans rivière, sans pluie : l'eau fraîche monte de l'intérieur et le remplit tout entier. Brasington le sent souvent au niveau du cœur : un bonheur qui semble jaillir d'une source.

Pause 1 minute

Les enseignants appellent ce bonheur sukha. Il est plus calme que la joie. Plus intime. Comme recevoir un très beau cadeau, mais sans personne pour le donner : un cadeau en toi.

Pause 1 minute

Garde-le modéré. Brasington est précis : si tu le laisses grimper trop haut, la joie revient et tu retrouves le premier palier. Si la joie revient, tu refais le même geste : une inspiration un peu plus ample, une longue expiration, et tu reviens au bonheur tranquille.

Pause 2 minutes

Ajahn Brahm dit que ce qui fait passer ici, c'est une confiance. Au premier palier, l'esprit tenait encore un peu, et la joie oscillait. Ici, il ose lâcher le dernier « tenir ». Ce n'est plus toi qui fais. Ça se fait.

Pause 2 minutes

Les pensées peuvent s'apaiser peu à peu. Pas besoin de les chasser : Brasington dit qu'elles peuvent ne jamais s'éteindre tout à fait au début, et que ce n'est pas grave. Il reste un silence intérieur, une confiance tranquille. Seulement l'habiter.

Pause 4 minutes · le bonheur tranquille

Si tu décroches, il reste souvent des traces de bonheur. Tu peux te poser sur elles et voir si elles reviennent. Sinon, tu peux remonter le chemin : le souffle, la braise, puis glisser de nouveau vers le lac.

Pause 4 minutes

Il arrive qu'on entre directement ici, sans passer par la joie énergique, surtout par la bienveillance. C'est une voie tout aussi juste. Et si la joie forte du premier palier réveille des souvenirs difficiles, tu peux toujours passer tout de suite au bonheur calme. Brasington le dit simplement : sois bienveillant avec toi-même.

Pause 4 minutes

Ce passage d'un palier à l'autre ne se fait pas par la force. Il se fait par une préférence. Tu préfères ce qui est plus calme, plus profond, plus fin. Et l'esprit, comme l'eau, va de lui-même vers le plus bas.

Pause 1 minute

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : as-tu senti l'inversion, la joie qui passe derrière et le bonheur devant ? Combien de temps le bonheur est-il resté ? Passe à « Le contentement » quand tu peux rester dans ce bonheur tranquille une dizaine de minutes.

Ciel pâle et petits nuages roses
Séance 5 · 50 min · Brasington, Ajahn Brahm

Le contentement

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 50 minutes. Le troisième palier. À pratiquer quand tu peux rester une dizaine de minutes dans le bonheur tranquille. D'après Leigh Brasington (baisser le bonheur jusqu'au contentement) et Ajahn Brahm (le lotus sous l'eau).

Tu peux t'installer, et descendre le chemin que tu connais. Sans te presser. Chaque marche a sa place.

Pause 10 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Le souffle, à ta fenêtre. Le compte, puis le souffle seul. L'accès.

Pause 8 minutes · le souffle, puis l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable.

Pause 3 minutes

La joie qui monte, si elle vient. Tu la laisses traverser.

Pause 1 minute 30

Une inspiration un peu plus ample, une longue expiration. Le lac. Le bonheur tranquille, modéré, qui jaillit de lui-même.

Pause 4 minutes · le bonheur tranquille

Maintenant, le palier suivant. De nouveau, une inspiration douce, un peu plus ample… et une longue expiration où tu relâches tout. Et en même temps, tu laisses le bonheur baisser. S'adoucir. Comme une lumière qu'on tamise.

Pause 15 secondes

Pour aider, Brasington propose de te rappeler, un quart de seconde à peine, un moment de contentement. Par exemple la fin d'un repas parfait : tu as assez mangé, ni trop ni trop peu, et tu sais qu'il n'y aura pas de vaisselle à faire. Rien à vouloir de plus. Tu cueilles ce sentiment… et tu laisses le bonheur qui s'adoucit devenir ce contentement.

Pause 30 secondes

Et c'est maintenant ce contentement qui devient l'objet de ton attention. Un « c'est bien comme ça » qui n'a besoin de rien. Brasington parle d'un état sans souhait.

Pause 1 minute

Tu n'as pas à chasser la joie énergique. Elle s'efface d'elle-même quand tout se calme. Et s'il en reste un peu, ce n'est pas grave : tu es dans un bonheur plus calme encore. Tu peux remonter un instant dans le bonheur, puis redescendre vers le contentement.

Pause 2 minutes

Remarque peut-être où tu le sens : souvent plus bas, vers le ventre. Brasington s'amuse de ce paradoxe : plus les paliers montent, plus la sensation descend.

Pause 1 minute

Les textes anciens comparent ce palier à des lotus qui vivent entièrement sous l'eau : immergés, rafraîchis de toutes parts, immobiles. Ajahn Brahm ajoute qu'on ne comprend vraiment ce qu'était la joie qu'une fois qu'elle est partie.

Pause 2 minutes

Au crépuscule, il y a un moment que les peintres aiment beaucoup. Le soleil est passé derrière l'horizon. Les couleurs vives se retirent. Et ce qui reste n'est pas triste : c'est une clarté douce, égale, où chaque chose se voit nettement. Le monde semble satisfait d'être là.

Pause 2 minutes

Ici, l'esprit est très clair. Immobile, sans le moindre mouvement. Les anciens parlent d'équanimité : regarder, sans être remué. Tu es présent, entièrement, sans tension.

Pause 5 minutes · le contentement

Si tu le souhaites, tu peux faire un aller-retour, comme le propose Brasington pour mieux connaître les paliers : rendre le contentement un peu plus heureux, et retrouver le bonheur tranquille… puis le laisser s'adoucir de nouveau en contentement. Ou bien rester simplement ici.

Pause 4 minutes

Et si tout se brouille, tu connais le chemin : le souffle, la braise, la joie, le lac, puis le crépuscule. Chaque descente rend la suivante plus facile.

Pause 2 minutes

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : as-tu senti le bonheur s'adoucir en contentement ? Où le sentais-tu ? Comment le décrirais-tu avec tes mots ? Passe à « La paix immobile » quand tu peux rester une dizaine de minutes dans ce contentement.

Pleine lune au-dessus d'un lac, la nuit
Séance 6 · 55 min · Brasington, Ayya Khema, Ajahn Brahm

La paix immobile

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 55 minutes. Le quatrième palier, le socle de toute la partie 2. À pratiquer quand le contentement devient familier. D'après Leigh Brasington (détendre le visage, la descente, d'après son enseignante Ayya Khema) et Ajahn Brahm (le drap blanc, le centre du cyclone).

Tu peux t'installer, et descendre toutes les marches. Elles te connaissent maintenant.

Pause 10 secondes

Avant de commencer, Leigh Brasington propose quatre petits gestes, quelques secondes chacun. Le premier : un peu de gratitude. Pour ce moment, pour ce corps qui te porte, pour ce qui t'a permis d'être assis ici.

Pause 10 secondes

Le deuxième : te rappeler pourquoi tu pratiques. Simplement, avec tes mots.

Pause 8 secondes

Le troisième : une détermination. Non pas obtenir quelque chose, mais faire de ton mieux, pendant ce temps-là. Tu la sens… et tu la poses, comme on pose un sac à l'entrée.

Pause 8 secondes

Et le quatrième : un instant de bienveillance pour toi-même. Une demi-minute suffit. Juste te rappeler que tu as le droit d'aller bien.

Pause 25 secondes

Puis quelques respirations conscientes, plus amples, avec une phrase que Brasington emprunte à Thich Nhat Hanh. En inspirant : « Je calme mon corps et mon esprit. » En expirant : « Je souris. »

Pause 12 secondes

Inspirant, je calme mon corps et mon esprit… Expirant, je souris.

Pause 25 secondes · trois ou quatre respirations amples, avec la phrase

Le souffle au bord des narines. Le compte, puis le souffle seul. Et tu restes dans l'accès plus longtemps que d'habitude : Brasington le répète, la profondeur de ce palier dépend surtout de la stabilité du départ.

Pause 10 minutes · le souffle, puis l'accès, longtemps

La braise, et ton regard posé dessus.

Pause 3 minutes

La joie, si elle vient.

Pause 1 minute

Une longue expiration. Le lac, le bonheur tranquille.

Pause 3 minutes

Une longue expiration encore. Le bonheur qui s'adoucit. Le crépuscule, le contentement immobile.

Pause 4 minutes · le contentement

Maintenant, le palier le plus subtil de la première partie. Brasington dit que c'est celui qui demande le plus de lâcher : il faut se donner entièrement.

Pause 10 secondes

Le geste est tout simple : détends les muscles du visage. Le front. Les yeux. Les joues. La bouche. Laisse partir le petit sourire. Et avec lui, laisse partir le plaisir lui-même. Même cette douceur, même ce « c'est bien », tu n'as plus besoin de t'y tenir.

Pause 30 secondes

Souvent vient alors une impression de descente. L'enseignante de Brasington, Ayya Khema, disait : au palier précédent, tu es assis sur la margelle d'un puits ; maintenant, tu te laisses glisser jusqu'au fond, sans prendre l'échelle. Pas une chute : plutôt une dérive lente, comme lorsqu'on se laisse couler doucement au fond d'une piscine. Tu peux accompagner cette descente, aussi longtemps qu'elle dure.

Pause 1 minute 30

Et l'esprit se pose. Ce qui reste n'est ni agréable ni désagréable. C'est un calme immobile, neutre, très reposant. C'est lui qui devient l'objet de ton attention.

Pause 1 minute

Ajahn Brahm compare ce palier au centre d'un cyclone : tout autour peut bouger, et là, au centre, rien. Les textes anciens, eux, parlent d'un homme assis, enveloppé de la tête aux pieds dans un drap blanc, en plein soleil : la clarté est partout, égale.

Pause 2 minutes

Les sons peuvent sembler très lointains. Le champ derrière les paupières peut être clair, ou sombre : peu importe. Brasington précise que le champ ne devient blanc et lumineux qu'après de très longues durées de concentration. Sombre, c'est très bien.

Pause 2 minutes

Il se peut que le corps s'affaisse un peu. Tu peux le laisser faire un moment, puis te redresser doucement, et relâcher de nouveau.

Pause 1 minute

Il se peut aussi que le souffle attire ton attention. Brasington l'appelle l'épine de ce palier. Le souffle continue tout seul, comme il l'a toujours fait. Tu le laisses faire, et tu reviens simplement au calme immobile.

Pause 3 minutes

Au fond de certains lacs de montagne, très loin sous la surface, l'eau ne bouge plus jamais. Les tempêtes passent au-dessus. Le vent fait des vagues. Et là, tout en bas, il y a une immobilité qui ne dépend de rien de tout cela. Une flamme dans une pièce sans le moindre courant d'air.

Pause 6 minutes · la paix immobile

Tenzin Wangyal Rinpoché, maître tibétain, met en garde contre un calme qui ressemble à celui-ci mais n'en est pas un : un calme mou, flou, où l'on s'engourdit. La paix immobile, elle, est claire. Si tu sens que tout devient flou, ouvre un peu ton attention, redresse-toi légèrement. Et si tu t'endors, ce n'est pas grave : tu reprendras demain.

Pause 4 minutes

Avant de remonter, tu peux simplement savoir ceci : ce lieu immobile existe en toi. Chaque descente ne le crée pas. Elle le retrouve. Et c'est depuis ce lieu, plus tard, que s'ouvriront les paliers sans forme.

Pause 30 secondes

Maintenant, tu peux remonter doucement. Le contentement, avec une pointe de douceur. Le bonheur. Le souffle.

Pause 1 minute

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Brasington compare la sortie de ce palier à une courte sieste, avec la certitude de ne pas avoir dormi. Prends le temps de revenir avant de te lever, et ne conduis pas juste après. Dans ton carnet : as-tu senti la descente, et le passage à une paix neutre ? Combien de temps est-elle restée ? Passe aux paliers sans forme seulement quand tu peux rester une dizaine de minutes dans cette paix.

Mer et ciel qui se confondent à l'horizon
Séance 7 · 55 min · Brasington, Ajahn Brahm

L'espace infini

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 55 minutes. À pratiquer quand tu peux rester une dizaine de minutes dans la paix immobile : c'est, pour la plupart des gens, la transition la plus difficile. Sinon, reste encore sur « La paix immobile ». D'après Leigh Brasington (l'expansion, d'après Ayya Khema) et Ajahn Brahm (l'infini du présent).

Une précaution : si tu as déjà vécu des moments où le monde ou toi-même sembliez irréels, avance très doucement dans les paliers sans forme, ou reste sur la première partie. Elle suffit amplement.

Tu peux t'installer, et descendre le chemin tout entier. Tu le connais maintenant comme on connaît l'escalier de sa maison dans le noir. Ajahn Brahm compare les paliers à une maison aux sols glissants : on traverse chaque pièce sans s'arrêter, porté par l'élan du lâcher-prise.

Pause 10 secondes

Quelques secondes de gratitude, de bienveillance pour toi-même… et tu poses la détermination à l'entrée.

Pause 20 secondes

Le souffle au bord des narines. Le compte, si tu en as besoin, puis le souffle seul. L'accès, longuement.

Pause 8 minutes · l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable.

Pause 2 minutes 30

La joie, si elle vient. Tu la laisses traverser.

Pause 1 minute

Une longue expiration. Le lac. Le bonheur tranquille.

Pause 2 minutes

Une longue expiration. Le crépuscule. Le contentement.

Pause 2 minutes 30

Le visage qui se détend. Le plaisir qui s'en va. La descente… et la paix immobile. Tu y restes longtemps : c'est d'elle que tout le reste va naître.

Pause 6 minutes · la paix immobile

Jusqu'ici, tous les paliers avaient une forme. Un corps qui ressent, une joie qui a une place. Le palier qui s'ouvre maintenant n'en a pas. Mais on n'y entre pas en cherchant l'espace. Brasington propose une méthode : étendre quelque chose, sans limite.

Pause 10 secondes

Pour commencer, redresse-toi un tout petit peu. Le quatrième palier rend souvent un peu lourd, et ce geste remonte l'énergie.

Pause 10 secondes

Maintenant, sens les limites de ton être. Là où tu sens que tu t'arrêtes. Et laisse-les s'étendre, doucement, vers le haut et vers l'extérieur, jusqu'aux murs de la pièce.

Pause 45 secondes

Quand c'est stable, tu peux continuer. Au-delà des murs, la maison tout entière. Puis le quartier. Puis aussi loin que porte l'horizon.

Pause 1 minute

Tu peux aussi étendre autre chose, si c'est plus facile pour toi : un ballon qui gonfle, le faisceau d'une lampe, le son d'un avion qu'on suit très loin. Brasington dit que ce qu'on étend n'a aucune importance. Seule compte l'expansion, fluide, sans résistance.

Pause 30 secondes

Et maintenant, au-delà de l'horizon, tu ne nommes plus rien. Plus de villes, plus de montagnes, plus de planètes. Tu laisses tomber la diversité des choses, et il ne reste que la sensation d'expansion elle-même, qui continue. Si quelque chose semble résister, tu t'étends à travers, et tu le repousses au loin.

Pause 2 minutes · l'expansion, sans objet

Tu ne cherches pas l'espace. De la même façon que la sensation agréable n'était pas la joie, l'expansion n'est pas encore ce palier. Tu continues, et tu attends qu'il vienne te trouver.

Pause 2 minutes

Il vient souvent d'un coup. Comme arriver au bord d'un immense canyon, mais sans fond, et sans autre rive. Un grand espace. Il peut sembler gris, blanc cassé, ou noir comme la nuit, mais sans étoiles. Si tu ne vois rien, tu peux simplement savoir qu'il est là.

Pause 30 secondes

Alors tu lâches l'expansion. Et tu poses ton attention sur l'espace lui-même. Sa spaciosité. Vaste. Vide. Tranquille. Ajahn Brahm remarque que ce qui est parfaitement dans le présent paraît à la fois sans durée et infini : c'est un peu ce que l'espace te montre ici.

Pause 4 minutes · l'espace infini

Si un son passe, il passe dans l'espace. Si une pensée passe, elle passe dans l'espace. L'espace n'est jamais dérangé par ce qui le traverse.

Pause 4 minutes

Et si l'espace ne vient pas, après cinq minutes environ d'expansion, Brasington conseille de ne pas insister : tu lâches l'expansion, tu redescends dans la paix immobile, tu la laisses s'approfondir, et tu essaieras une autre fois.

Pause 10 secondes

Et rappelle-toi, à tout moment : si quelque chose t'inquiète, tu peux sentir le poids du corps sur le siège, bouger les doigts, ouvrir les yeux. Le corps est toujours là.

Pause 3 minutes

Et maintenant, avant de revenir, tu peux laisser l'espace se refermer doucement autour de toi, à ton rythme. Comme on rentre dans la maison, en sachant désormais que les murs ne sont que des rideaux. La paix. Le contentement. Le souffle.

Pause 1 minute

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : l'espace est-il venu ? Comment était-il : vaste, clair, sombre, devant toi ou tout autour ? Combien de temps est-il resté ? Passe à « La conscience infinie » quand tu peux y rester une dizaine de minutes.

Ciel violet au-dessus d'une étendue d'eau
Séance 8 · 55 min · Brasington

La conscience infinie

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 55 minutes. Quand l'espace infini devient familier. Avant la séance, Brasington propose un petit exercice les yeux ouverts : regarde un objet de la pièce une dizaine de secondes, puis remarque que tu es conscient de le voir. Répète-le quelques fois : c'est exactement le geste de ce palier.

Tu peux t'installer, et descendre le chemin tout entier. Tu le connais maintenant comme on connaît l'escalier de sa maison dans le noir. Ajahn Brahm compare les paliers à une maison aux sols glissants : on traverse chaque pièce sans s'arrêter, porté par l'élan du lâcher-prise.

Pause 10 secondes

Quelques secondes de gratitude, de bienveillance pour toi-même… et tu poses la détermination à l'entrée.

Pause 20 secondes

Le souffle au bord des narines. Le compte, si tu en as besoin, puis le souffle seul. L'accès, longuement.

Pause 8 minutes · l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable.

Pause 2 minutes 30

La joie, si elle vient. Tu la laisses traverser.

Pause 1 minute

Une longue expiration. Le lac. Le bonheur tranquille.

Pause 2 minutes

Une longue expiration. Le crépuscule. Le contentement.

Pause 2 minutes 30

Le visage qui se détend. Le plaisir qui s'en va. La descente… et la paix immobile. Tu y restes longtemps : c'est d'elle que tout le reste va naître.

Pause 6 minutes · la paix immobile

Depuis la paix, tu te redresses un peu. Les limites qui s'étendent, la pièce, la maison, l'horizon… puis seulement l'expansion. Et l'espace qui vient te trouver.

Pause 4 minutes · l'expansion, puis l'espace

L'espace infini. Vaste, vide, tranquille. Tu te poses sur sa spaciosité.

Pause 3 minutes

Il y a une chose que l'on remarque rarement, quand on regarde le ciel : c'est qu'il y a quelqu'un qui le regarde. Le ciel est vaste. Mais ce qui le voit est tout aussi vaste. Sinon, comment pourrait-il le contenir ?

Pause 10 secondes

Tu peux maintenant, tout doucement, tourner l'attention. Non plus vers l'espace… mais vers la conscience de l'espace. Ce qui sait qu'il y a de l'espace. L'attention qui se retourne sur elle-même.

Pause 1 minute

Brasington le formule simplement : une conscience limitée ne pourrait pas contenir un espace sans limite. Elle se découvre donc aussi vaste que lui. Celui qui observe et ce qui est observé semblent se confondre. On a l'impression que l'esprit est immense. Ce palier est souvent plus sombre que l'espace, et plus subtil.

Pause 3 minutes · la conscience infinie

Au début, l'espace et la conscience se ressemblent beaucoup. Tu peux faire quelques allers-retours, comme le conseille Brasington : revenir à l'espace quelques minutes… puis à la conscience de l'espace… et sentir peu à peu la différence.

Pause 4 minutes · allers-retours

Il n'y a rien à comprendre ici. Les mots tombent d'eux-mêmes. Tu peux seulement reposer dans ce savoir silencieux, qui n'est le savoir de rien en particulier.

Pause 4 minutes

Une phrase de prudence, que Brasington tient à dire : ce palier n'est pas une fusion avec un absolu, ni la découverte d'un Soi caché. C'est une manière dont l'esprit se vit, quand il est très calme. Belle, et simple.

Pause 1 minute

Si tu glisses vers une impression de vide, ce n'est pas grave : c'est le palier suivant qui s'annonce. Si tu retombes dans l'espace, ou dans le corps, tu peux refaire le chemin.

Pause 10 secondes

Et rappelle-toi, à tout moment : si quelque chose t'inquiète, tu peux sentir le poids du corps sur le siège, bouger les doigts, ouvrir les yeux. Le corps est toujours là.

Pause 3 minutes

Et maintenant, sans te presser, tu peux redescendre : l'espace, la paix, le contentement, le souffle. Cette conscience n'a jamais quitté le corps. Elle est seulement plus vaste que lui.

Pause 1 minute

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Dans ton carnet : as-tu senti la différence entre l'espace et ce qui le perçoit ? Comment le décrirais-tu ? Passe à « Le rien » quand tu peux rester une dizaine de minutes dans cette conscience vaste.

Mer calme et brumeuse, presque vide
Séance 9 · 60 min · Brasington

Le rien

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 60 minutes. Quand la conscience infinie devient familière. Si tu traverses une période difficile, triste ou anxieuse, reste plutôt sur les paliers précédents : celui-ci peut attendre. D'après Leigh Brasington.

Tu peux t'installer, et descendre le chemin tout entier. Tu le connais maintenant comme on connaît l'escalier de sa maison dans le noir. Ajahn Brahm compare les paliers à une maison aux sols glissants : on traverse chaque pièce sans s'arrêter, porté par l'élan du lâcher-prise.

Pause 10 secondes

Quelques secondes de gratitude, de bienveillance pour toi-même… et tu poses la détermination à l'entrée.

Pause 20 secondes

Le souffle au bord des narines. Le compte, si tu en as besoin, puis le souffle seul. L'accès, longuement.

Pause 8 minutes · l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable.

Pause 2 minutes 30

La joie, si elle vient. Tu la laisses traverser.

Pause 1 minute

Une longue expiration. Le lac. Le bonheur tranquille.

Pause 2 minutes

Une longue expiration. Le crépuscule. Le contentement.

Pause 2 minutes 30

Le visage qui se détend. Le plaisir qui s'en va. La descente… et la paix immobile. Tu y restes longtemps : c'est d'elle que tout le reste va naître.

Pause 6 minutes · la paix immobile

L'expansion, puis l'espace infini.

Pause 4 minutes

Puis la conscience de l'espace. La conscience infinie.

Pause 4 minutes

Maintenant, Brasington propose de remarquer ce que contient cette conscience si vaste. L'espace a disparu. Et peut-être découvres-tu… qu'elle n'est consciente de rien. Aucun objet. Aucune image. Rien.

Pause 30 secondes

Au début, c'est souvent un petit rien, juste devant le visage, de la taille d'un ballon. Puis il n'y a rien ici… rien là… rien derrière. Il grandit, sans jamais devenir infini. C'est sur ce rien que tu poses l'attention.

Pause 2 minutes

Brasington donne une image : une cave dont l'interrupteur ne marche pas. Tu restes là un moment, dans le noir, et tu finis par voir qu'il n'y a rien dedans. Ou bien une grande salle après une fête : les invités sont partis, les tables rangées, et celui qui ferme la porte remarque, en se retournant, le vide de la salle. Il n'y a rien. Et ce rien est d'une étrange paix.

Pause 3 minutes · le rien

Ce rien peut sembler noir, violet profond, bleu nuit, ou n'avoir aucune couleur. Il reste peut-être un tout petit point qui observe. Tu n'as rien à en faire.

Pause 3 minutes

Il se peut qu'une peur passe : la peur du vide. Brasington raconte que ceux qui tombent dans ce palier par accident, sans le connaître, ont parfois très peur. Et que ceux qui y viennent par ce chemin, en sachant où ils sont, n'ont plus peur du tout. La peur vient de l'inconnu. Comme il le dit en souriant : il n'y a rien, donc rien à craindre.

Pause 10 secondes

Et si la peur reste, tu n'as pas à la traverser aujourd'hui. Tu redescends dans la conscience vaste, ou dans la paix. Ou tu ouvres les yeux.

Pause 10 secondes

Et rappelle-toi, à tout moment : si quelque chose t'inquiète, tu peux sentir le poids du corps sur le siège, bouger les doigts, ouvrir les yeux. Le corps est toujours là.

Pause 4 minutes

Ce palier est très fin. Il peut sembler à peine différent du précédent, ou au contraire très net. Il n'y a pas de bonne façon de le vivre. Tu peux seulement rester, aussi longtemps qu'il dure, sans rien ajouter.

Pause 4 minutes

Et maintenant, tu peux laisser les choses revenir, une à une, dans la salle. La conscience vaste. L'espace. La paix. Le corps. Le souffle. Les sons. Comme des invités qu'on accueille de nouveau.

Pause 1 minute 30

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Si une impression de vide, d'irréalité ou de détachement te suit dans la journée : une douche, un repas, une marche, et quelques jours de pause dans les paliers sans forme. Si elle dure, parles-en à un professionnel. Dans ton carnet : comment était ce rien ? En quoi différait-il de la conscience infinie ?

Crépuscule profond au-dessus d'une ligne de collines
Séance 10 · 60 min · Brasington

Ni perception ni non-perception

Enregistrement à venir. En attendant, lis le texte lentement ou enregistre-le pour toi.

Lire le texte

Assis, environ 60 minutes. Le dernier palier, à ne chercher que lorsque le rien est familier. Le plus subtil de tous : il se reconnaît surtout après coup. D'après Leigh Brasington. Prévois un temps de retour plus long, et ne conduis pas juste après.

Tu peux t'installer, et descendre le chemin tout entier. Tu le connais maintenant comme on connaît l'escalier de sa maison dans le noir. Ajahn Brahm compare les paliers à une maison aux sols glissants : on traverse chaque pièce sans s'arrêter, porté par l'élan du lâcher-prise.

Pause 10 secondes

Quelques secondes de gratitude, de bienveillance pour toi-même… et tu poses la détermination à l'entrée.

Pause 20 secondes

Le souffle au bord des narines. Le compte, si tu en as besoin, puis le souffle seul. L'accès, longuement.

Pause 8 minutes · l'accès

La braise. Ce qui est agréable dans l'agréable.

Pause 2 minutes 30

La joie, si elle vient. Tu la laisses traverser.

Pause 1 minute

Une longue expiration. Le lac. Le bonheur tranquille.

Pause 2 minutes

Une longue expiration. Le crépuscule. Le contentement.

Pause 2 minutes 30

Le visage qui se détend. Le plaisir qui s'en va. La descente… et la paix immobile. Tu y restes longtemps : c'est d'elle que tout le reste va naître.

Pause 6 minutes · la paix immobile

L'expansion. L'espace infini.

Pause 3 minutes

La conscience infinie.

Pause 3 minutes

Le rien. La salle vide.

Pause 3 minutes

Brasington donne pour ce palier une consigne étonnante : rester dans le rien plus longtemps que d'habitude. Et quand tu es certain d'y être resté assez… y rester encore un peu.

Pause 4 minutes · rester dans le rien, encore

Puis, tu peux laisser ce rien, qui semblait presque solide, se replier doucement… et se poser devant ton visage. Et voir si l'esprit glisse, de lui-même, dans un état qu'on ne peut pas décrire, mais où l'on peut pourtant demeurer.

Pause 1 minute

Les textes l'appellent « ni perception, ni non-perception ». On pourrait aussi dire : ni conscience, ni inconscience. Ce n'est pas un esprit qui sombre : il reste clair, et même énergique. Mais il ne nomme plus rien, et ne refuse pas de nommer non plus.

Pause 1 minute

Brasington le décrit comme très reposant : comme si l'on pouvait y appuyer la tête, alors qu'il n'y a rien contre quoi l'appuyer.

Pause 3 minutes · le dernier palier

Il est très fragile. Si tu le perds, il ne reste parfois aucune trace. Tu peux alors redescendre dans le rien, ou dans l'espace, et remonter tranquillement.

Pause 3 minutes

Et si une pensée surgit pour demander « est-ce que j'y suis ? », tu peux sourire de la question. Les deux enseignants sont d'accord sur ce point : si tu te le demandes, tu viens d'en sortir. Tu laisses la question se dissoudre, elle aussi.

Pause 3 minutes

Et rappelle-toi, à tout moment : si quelque chose t'inquiète, tu peux sentir le poids du corps sur le siège, bouger les doigts, ouvrir les yeux. Le corps est toujours là.

Pause 1 minute

Et maintenant, très lentement, tu peux remonter. Le rien. La conscience. L'espace. La paix immobile. Le contentement. Le bonheur. La joie, peut-être, qui revient en passant comme une vieille amie. Et le souffle, à ta fenêtre.

Pause 2 minutes

Tu as parcouru tout le chemin. Chaque palier reste ouvert en toi, et tu pourras y revenir quand tu voudras, par la même porte : une attention douce, posée sur ce qui est.

Pause 30 secondes

Avant de revenir, prends encore deux ou trois minutes, les yeux fermés, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : l'absorption n'est pas un but, c'est un couteau qu'on aiguise. Alors tu peux regarder, simplement, ce qui est là maintenant : une sensation qui apparaît… change… et passe. Une autre. Rien ne reste tout à fait le même.

Pause 1 minute 30

Et maintenant, une petite relecture, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé, aujourd'hui ? Qu'est-ce qui a gêné ? Où étais-tu le plus à l'aise ? Pas pour juger. Pour retrouver le chemin la prochaine fois.

Pause 45 secondes

Et maintenant, sans te presser, tu peux laisser l'attention s'élargir de nouveau. Le poids du corps. Le contact du siège ou du sol. Les sons de la pièce, qui n'ont jamais cessé d'être là.

Pause 10 secondes

Ce que tu viens de rencontrer ne s'en va pas. Il reste comme une température dans le corps, et le chemin pour y revenir est un peu plus tracé à chaque fois.

Pause 5 secondes

Tu peux respirer un peu plus profondément… bouger les doigts, les épaules… et, quand tu le sens juste, ouvrir les yeux. Prends encore un moment avant de te lever.

Les traditions parlent encore d'un état au-delà, une « cessation » ; nous ne le guidons pas. Dans ton carnet : qu'as-tu remarqué de ce dernier palier, même après coup ? Comment te sens-tu dans les heures qui suivent ? Quel palier as-tu envie de retrouver le plus souvent ?

Fiches pratiques

Ce que les enseignants disent en retraite.

Les obstacles, les repères, les deux écoles, et ce qu'il faut savoir quand la pratique remue. À lire tranquillement, en dehors des séances.

Les cinq obstacles et leurs remèdesAjahn Brahm, Leigh Brasington · ce qui ferme la porte

Les traditions décrivent cinq obstacles. Brasington les traduit en langage simple : vouloir, ne pas vouloir, trop peu d'énergie, trop d'énergie, et le doute. Les dépasser, c'est exactement arriver à la concentration d'accès. Ajahn Brahm ajoute qu'ils naissent tous au même endroit : dans la façon dont on regarde, avec attente, impatience ou crispation. Mettre un peu de bienveillance dans ce regard est déjà un remède.

  • Le désir : l'intérêt pour tout le reste, y compris le simple fait de commenter ce qu'on vit. Remède : revenir à l'objet, peu à peu, et s'installer confortablement dès le début.
  • L'aversion : contre un bruit, une douleur, contre soi (« je ne mérite pas d'être bien »), ou contre le souffle (« encore lui »). Remède : la bienveillance. Brahm propose d'accueillir le souffle comme un vieil ami croisé dans la rue.
  • La torpeur : tout devient lourd et flou. Brahm conseille de faire la paix avec elle plutôt que de la combattre : souvent, l'esprit est simplement fatigué, et le repos est un vrai remède. Ensuite, redonner de la valeur à l'attention, se redresser. Jamais par la peur.
  • L'agitation et le remords : l'esprit saute, cherche ce qui ne va pas. Remède : le contentement, se contenter de cette séance-ci telle qu'elle est ; et pour le remords, se pardonner.
  • Le doute : « je n'y arriverai jamais », « est-ce le bon palier ? ». Remède : remettre la question à après la séance, et s'appuyer sur sa propre expérience.

Deux astuces. Brasington conseille de donner un nom drôle à l'obstacle qui revient toujours, et de lui parler comme à un enfant capricieux. Brahm conseille de repérer, en début de séance, son obstacle favori, comme on guette les serpents sur un sentier la nuit. Et quand tous déferlent à la fois, ne pas lutter : dire à son esprit « la porte de mon cœur t'est ouverte, quoi que tu fasses ».

Reconnaître la concentration d'accèsLeigh Brasington · le seuil de tous les paliers

C'est une attention assez stable pour qu'aucun obstacle ne surgisse. En pratique : tu es pleinement avec le souffle, et s'il reste des pensées, elles sont ténues, à l'arrière-plan, et ne t'emportent pas.

  • Tu connais chaque inspiration et chaque expiration, sans aide (le compte a été lâché).
  • Le souffle devient très fin, parfois au point de sembler s'arrêter. Pas de grande inspiration : le corps a besoin de peu d'air quand il est calme ; s'il en demande, une inspiration un peu plus ample, puis tout reprend tout seul.
  • Des lumières ou des couleurs passent parfois derrière les paupières. On les laisse passer.
  • Ajahn Brahm ajoute un repère : les sons et le corps s'effacent, et on le remarque souvent après coup.

Brasington demande de tenir cet accès cinq à quinze minutes avant de chercher la sensation agréable. Les deux erreurs : partir trop tôt (la plus fréquente) et ne jamais oser partir. Un mot de vocabulaire : Ajahn Brahm emploie ce terme pour un état bien plus profond, où un signe lumineux est déjà stable. Les deux auteurs ne désignent pas la même chose ; ce programme suit Brasington.

Le signe (nimitta)Ajahn Brahm, Leigh Brasington · deux écoles

Dans le calme, certaines personnes voient apparaître une lumière : un point, un halo, une lumière blanche, parfois très belle. Les textes l'appellent nimitta, le signe. Deux enseignants en parlent très différemment, et c'est honnête de le dire :

  • Pour Brasington, que suit ce programme, le signe n'est ni nécessaire ni à rechercher. Les lumières du début sont comme le panneau à l'entrée d'une ville : on ne s'arrête pas pour le décrocher. Beaucoup de gens n'en voient jamais, et entrent pourtant dans les paliers par la sensation agréable.
  • Pour Ajahn Brahm, au contraire, le signe lumineux est la porte des absorptions profondes. Il donne des conseils précieux si tu en vois un : regarder son centre plutôt que ses bords ; ne pas chercher à l'agrandir ; ne pas poser de questions ; et s'il bouge, comprendre que c'est celui qui regarde qui bouge, comme dans un miroir. Il propose aussi de lui sourire.

Ce qui fait consensus : les visions, les scènes, les personnages qui apparaissent ne disent rien de vrai, on ne s'y attarde pas. Et ne pas voir de lumière n'est pas un échec.

Reconnaître chaque palierLeigh Brasington, Ajahn Brahm · des repères, pas des examens

Brasington compare les descriptions à l'image de recherche d'un oiseau qui chasse : des repères pour savoir quoi guetter, pas des absolus.

PalierCe qui est làCe qui s'effaceOù on le sent souvent
1 · La joieUne énergie qui pétille (pīti) et du bonheur, un fond de penséeLes distractionsLe long du dos, la tête ; grand sourire
2 · Le bonheurUn bonheur calme et unifié (sukha), comme jailli d'une sourceLa pensée, peu à peu ; la joie passe derrièreLe cœur ; sourire
3 · Le contentementContentement, immobilité, clarté, aucun souhaitLa joie énergiqueLe ventre ; léger sourire
4 · La paixUn calme immobile, neutre, très reposantLe plaisir, le sourireUne descente ; les sons s'éloignent
5 · L'espaceUn espace sans bord, un tout petit observateurLe sentiment du corpsDevant, puis tout autour
6 · La conscienceUne conscience aussi vaste que l'espaceL'espace comme objetSouvent plus sombre
7 · Le rienRien, et un observateur minusculeTout contenuNoir, violet, ou sans couleur
8 · Ni perception…Un état sans caractéristique où l'on peut demeurerPresque toutSe reconnaît surtout après coup
  • Une règle partagée par les deux enseignants, à prendre avec humour : si tu te demandes si c'est le premier palier, ce n'en est sans doute pas un. Le vrai est sans équivoque.
  • La profondeur, c'est la stabilité, pas l'intensité. Et elle vient surtout de la qualité de l'accès.
  • Les paliers peuvent venir dans le désordre, ou certains être sautés. Ce n'est pas un problème.
  • Deux écoles, deux profondeurs. Ce que ce programme appelle palier correspond aux absorptions « légères » de Brasington. Ajahn Brahm réserve le mot aux absorptions profondes, où les sens sont coupés pendant des heures. Les deux décrivent sans doute des régions d'un même continuum ; ne mesure pas ta pratique à la plus exigeante.
Entrer, rester, sortir, relireLeigh Brasington, Ajahn Brahm · le geste juste
  • Entrer : on ne fait pas un palier, on crée les conditions et il vient te trouver. Ayya Khema, l'enseignante de Brasington, comparait cela à un itinéraire : on ne cherche pas la destination au bout de sa rue, on guette seulement le prochain repère.
  • Rester : une fois un palier connu, apprendre à y rester dix à quinze minutes (le premier, moins s'il est intense). C'est le critère pour passer à la séance suivante, pas le nombre de semaines.
  • Passer : par une préférence pour le plus calme. Brasington utilise une inspiration un peu plus ample et une longue expiration. Ajahn Brahm parle d'une maison aux sols glissants : on va aussi loin que l'élan du lâcher-prise accumulé avant d'entrer.
  • Monter et redescendre : quand les paliers sont familiers, Brasington propose des allers-retours (1, 2, 3, 2, 3, 4, 3…) pour mieux en connaître les qualités. Si un palier vacille, on revient au précédent, on y reste plus longtemps, on réessaie.
  • Sortir : chaque séance se termine par quelques minutes à regarder simplement ce qui apparaît et passe, dans cet esprit plus calme. Brasington insiste : les paliers sont un couteau qu'on aiguise, pas un but.
  • Relire : deux ou trois minutes après chaque séance, comme le font les deux enseignants. Qu'est-ce qui a aidé ? Qu'est-ce qui a gêné ? Pas pour reproduire l'expérience, mais pour retrouver ses conditions. Le carnet est fait pour cela.
Quand la méditation remueLeigh Brasington, Ajahn Brahm, recherche de Brown · sans dramatiser

Ces pratiques sont douces pour la plupart des gens. Mais une attention très concentrée peut aussi produire des effets inattendus. Les connaître évite de s'en inquiéter, et de passer à côté de ceux qui demandent de lever le pied.

  • Normal, et passager : frissons, picotements, balancements, chaleur, souffle un peu saccadé au premier palier ; larmes ou rires ; salive plus abondante ; lumières derrière les paupières ; corps qui semble s'effacer ; affaissement au quatrième palier. On ouvre les yeux si besoin, et on reprend.
  • La joie qui ne retombe pas après la séance (agitation, bourdonnement, insomnie) : une marche vive, un bain chaud, un repas, quelques minutes de bienveillance douce, et une bonne nuit. Éviter de pratiquer juste avant de dormir.
  • Des maux de tête : vérifier qu'on ne « regarde » pas le souffle en louchant. Brasington propose aussi de balayer l'attention, rapidement, le long du dos jusqu'au point douloureux, une dizaine de fois.
  • Des émotions ou des souvenirs qui remontent : ce n'est pas un échec. On s'arrête, on revient à la bienveillance. Si la joie forte du premier palier ravive des souvenirs douloureux, on peut passer directement au bonheur calme.
  • La peur : de perdre le contrôle, ou du vide dans les paliers sans forme. On peut toujours ouvrir les yeux, redescendre d'un palier, avancer par petits pas.

Ce qui demande une pause, et d'en parler à un professionnel si cela dure : une anxiété qui persiste après les séances ; une impression d'irréalité ou d'être détaché de soi ; des insomnies plusieurs nuits de suite ; une euphorie qui ne retombe pas ; des souvenirs traumatiques envahissants. En 2017, une équipe de l'université Brown a recensé, auprès de près d'une centaine de méditants et d'enseignants, 59 types d'expériences difficiles, durant parfois quelques jours, parfois bien plus. Les prendre au sérieux fait partie d'une pratique honnête.

En cas d'épilepsie, de trouble bipolaire, d'épisode psychotique, de dissociation importante ou de traumatisme non stabilisé, parles-en à ton médecin avant de commencer, et ne modifie jamais un traitement. Les séances 1 et 2, et la bienveillance, restent accessibles.

Questions fréquentes

Quand la joie se fait attendre.

Ces états ne s'obtiennent pas : ils se laissent venir. Voici les situations les plus courantes.

Je n'arrive pas à rester sur le souffle

Personne n'y arrive au début. Brasington le dit : remarquer qu'on est parti est une victoire. Nomme d'un mot ce qui t'a emporté, détends-toi, reviens. Compter dans le creux après l'expiration, jusqu'à huit, aide beaucoup. Reste sur la séance 1 aussi longtemps qu'il le faut.

Aucune sensation agréable ne vient

Cherche dans les mains, là où les pouces se touchent, au milieu de la poitrine, ou dans le sourire. Sinon, quelques minutes de bienveillance, de gratitude, ou un souvenir heureux pris au hasard. Le plus souvent, c'est que l'accès n'était pas encore assez long : reste plus longtemps sur le souffle avant de chercher.

La joie est trop forte, ou un peu agitée

C'est la nature du premier palier. Plus elle est forte, moins on y reste : quelques dizaines de secondes suffisent. Tu peux baisser un peu le volume en lui donnant moins d'attention, passer au bonheur calme par une longue expiration, ou ouvrir les yeux. Si l'énergie ne retombe pas après : marche, bain chaud, repas, sommeil.

Je ne sais pas si j'ai atteint un palier

Les deux enseignants sont d'accord : si tu te poses la question, ce n'est sans doute pas encore lui. Le vrai est sans équivoque. Note simplement ce que tu vis, avec tes mots ; la fiche « Reconnaître chaque palier » donne des repères.

Je vois des lumières

Pour Brasington, qu'on suit ici, on les laisse passer, comme un panneau à l'entrée d'une ville. Pour Ajahn Brahm, une lumière stable peut devenir une porte. Les deux écoles sont présentées dans la fiche « Le signe ». Ne pas en voir n'est jamais un échec.

Les limites du corps qui disparaissent, c'est inquiétant

Ce peut être surprenant les premières fois. Tu peux toujours sentir le poids du corps sur le siège, bouger les doigts, ouvrir les yeux, ou redescendre d'un palier. Si une impression d'irréalité persiste hors de la pratique, fais une pause et parles-en à un professionnel.

Je n'arrive pas à passer à l'espace infini

C'est, selon Brasington, la transition la plus difficile. Elle demande une paix immobile vraiment stable. Si l'espace ne vient pas après cinq minutes d'expansion, redescends dans la paix, laisse-la s'approfondir, et essaie un autre jour.

Combien de temps faut-il ?

Cela varie énormément. Brasington, qui a accompagné plus d'un millier d'élèves, enseigne ces paliers surtout en retraite de dix jours, et précise que certains les vivent, d'autres non. À la maison, il faut souvent des mois. Il n'y a aucune course : le calme et la joie gagnés en chemin valent déjà le voyage.

Le bilan du parcours

Relire son carnet, palier par palier.

  • Combien de temps mon attention peut-elle maintenant rester dans l'accès ?
  • Quelle braise ouvre le plus facilement la porte pour moi ?
  • Quels paliers ai-je goûtés, même brièvement, et combien de temps ai-je pu y rester ?
  • Quel obstacle revient le plus souvent, et quel remède marche pour moi ?
  • Qu'est-ce qui change dans mes journées : humeur, calme, rapport aux pensées ?
  • Dans les paliers sans forme : qu'ai-je reconnu, et comment je le décrirais ?
  • Quel palier ai-je envie de retrouver le plus souvent ?
Le carnet

Chaque descente, en quelques mots.

Sur papier ou sur téléphone. C'est cette trace honnête qui transforme des impressions en expérience.

  • La date et la séance
  • Combien de temps dans l'accès
  • Le palier atteint, et combien de temps
  • L'obstacle du jour, et ce qui a aidé
  • Comment je me sens après, et dans la journée

Ton carnet de bord, la base de l'exploration

C'est lui qui transforme une suite de séances en vraie recherche intérieure. Séance après séance, tu notes ce qui se passe, et tu vois apparaître ce qui revient, ce qui change, ce qui marche pour toi. Sans trace, la mémoire arrange et oublie. Avec, tu gardes les résultats de ton aventure, et tu peux les relire dans un mois comme dans un an.

Toutes les séances du programme, avec les cases à cocher et les champs à remplir. Deux formats au choix : pour tes notes (Notes sur iPhone, Keep sur Android, n'importe quel éditeur), ou à imprimer en PDF, pour écrire au stylo.

Ton carnet de bord

Indique ton email : le téléchargement se lance tout de suite, et tu reçois aussi le carnet dans ta boîte mail pour le retrouver quand tu veux.

Quel format ?

Le vrai · les sources

Sur quoi s'appuie ce programme.

Ce programme n'a pas encore été évalué en tant que tel : il suit la méthode d'un enseignant reconnu, éclairée par un second, et s'appuie sur les premières études de ces états, toutes menées sur une seule personne.

Harvard, Massachusetts General Hospital · 2025

Un cerveau moins cloisonné

Avijit Chowdhury, Matthew Sacchet et collègues, revue NeuroImage

Ce qui a été fait
Un pratiquant de plus de 23 000 heures de méditation a été suivi en IRM fonctionnelle et en électroencéphalographie pendant les paliers, avec des mesures de ce qu'il vivait.
Résultat
Pendant les paliers, les grands réseaux du cerveau étaient moins séparés et plus connectés entre eux ; l'activité électrique baissait en puissance et gagnait en complexité. Ces changements suivaient de près la félicité qu'il rapportait.
Limite
Une seule personne, très entraînée : résultats exploratoires.

Résumé de l'étude

Harvard, Massachusetts General Hospital · 2023

Une signature pour chaque palier

Winson Yang, Matthew Sacchet et collègues, revue Cerebral Cortex

Ce qui a été fait
Un méditant de plus de 25 ans de pratique a traversé les paliers 27 fois dans un scanner IRM à 7 teslas, en notant après chaque séance ce qu'il avait vécu.
Résultat
Chaque palier, y compris les paliers sans forme, a une activité cérébrale distincte, liée à l'attention, à la joie, à l'équanimité et au sentiment de soi. Les régions du plaisir et de la récompense s'activent, le cortex préfrontal s'apaise dans les paliers profonds.
Limite
Une seule personne : ces résultats ne se généralisent pas encore.

Cerebral Cortex (PDF) · Neuroscience News

Étude de cas · 2013

Un circuit de la récompense allumé de l'intérieur

Michael Hagerty, Leigh Brasington et collègues, revue Neural Plasticity

Ce qui a été fait
Un méditant expérimenté a été suivi en IRM et en électroencéphalographie pendant les paliers.
Résultat
Le noyau accumbens et le cortex orbitofrontal, au cœur du circuit de la récompense, se sont activés sans aucune stimulation extérieure ; l'activité visuelle et auditive baissait. La trace d'une joie produite par l'attention seule.
Limite
Un seul participant ; Brasington est coauteur de l'étude.

Neural Plasticity

Université Brown · 2017

Les expériences difficiles, prises au sérieux

Jared Lindahl, Willoughby Britton et collègues, revue PLOS ONE

Ce qui a été fait
Près d'une centaine de méditants et d'enseignants des traditions theravada, zen et tibétaine ont été interrogés sur les difficultés rencontrées pendant ou après la méditation.
Résultat
59 types d'expériences ont été recensés, de l'hypersensibilité à la lumière à l'anxiété, aux mouvements involontaires ou à la perte des repères sur soi. Elles duraient de quelques jours à plusieurs mois, parfois davantage. Certaines, agréables en retraite, gênaient ensuite la vie quotidienne.
Limite
L'étude décrit ces expériences sans dire à quelle fréquence elles surviennent.

Université Brown · ScienceDaily

Les ouvrages · deux enseignants

Les sources du programme

Leigh Brasington, Right Concentration · Ajahn Brahm, Mindfulness, Bliss, and Beyond

Ce qui a été fait
Brasington, enseignant laïc formé par Ayya Khema, donne la méthode : l'accès, la sensation agréable regardée sans rien faire, les transitions par le souffle, l'expansion vers l'espace infini, les repères de durée. Ajahn Brahm, moine formé auprès d'Ajahn Chah, apporte les étapes qui préparent l'attention, le gardien de la porte, les cinq obstacles et une grande partie des images.
Résultat
Des méthodes transmises depuis des décennies en retraite, à des milliers de pratiquants.
Limite
Les deux enseignants recommandent la retraite silencieuse et un accompagnement personnel. Ils ne décrivent pas la même profondeur : nous le disons dans les fiches.

Leigh Brasington

Ce qui reste ouvert

Personne ne sait encore quelle part des pratiquants atteint ces paliers chez soi, avec une pratique guidée et sans retraite. Ni ce que ces états transforment durablement dans une vie. Les carnets de celles et ceux qui suivent ce programme en seront une première trace.